Fabrication et distribution : la situation au pays

Août 2016

Analyse des manchettes et résumé de ce que vous devez savoir

Par : Mitch Silverstein, Associé


Ces derniers temps, en plus des pressions quotidiennes qui découlent de la gestion d’une entreprise, les intervenants du secteur de la fabrication et de la distribution doivent prendre en compte toute une série d’autres enjeux. La mondialisation ne fait que rendre la concurrence plus féroce. Depuis dix ans, notre économie a connu de grandes fluctuations et, récemment, nous avons été témoins d’événements outremer qui, en quelques heures, ont complètement bouleversé des marchés dynamiques.

Alors que doivent faire les propriétaires d’entreprises devant toute cette incertitude?
Nous conseillons quotidiennement des clients de taille moyenne du secteur de la fabrication et de la distribution. Et, en effet, les propriétaires d’entreprises doivent tenir compte de nombreux facteurs, ou même essayer de les éviter, s’ils font des affaires aux États-Unis ou s’ils envisagent de prendre de l’expansion en Europe. Toutefois, le climat économique que nous connaissons actuellement fait également ressortir certains avantages dont peuvent profiter, pour l’heure, les entreprises canadiennes du secteur de la fabrication et de la distribution.

Quel est le principal conseil à suivre pour s’orienter par rapport à ces facteurs externes?
Voici des sujets tirés directement des manchettes et analysés, point par point.



Les taux d’intérêt

Récemment, la Banque du Canada a annoncé qu’elle maintiendrait les taux d’intérêt et réduirait les prévisions économiques. C’est pourquoi il est donc temps de mettre au point une stratégie d’exportation ou de réévaluer votre plan d’expansion, avant d’engager des ressources importantes.

Le dollar canadien

Avec le huard qui ne cesse de fluctuer, les propriétaires d’entreprises doivent se renseigner sur leur admissibilité aux différents programmes de financement du gouvernement qui aident à réduire les dépenses liées au développement de marchés, aux études de marché, aux tests de produits et aux modifications à apporter pour répondre aux normes locales. Parmi les programmes de financement à signaler, mentionnons les suivants :

  • Accès aux marchés d’exportation (AME) – Ce programme aide les petites et les moyennes entreprises à accéder aux marchés étrangers et à y étendre leurs activités. Le financement disponible peut atteindre jusqu’à 30 000 $ ou couvrir 50 % des dépenses liées à un projet (y compris la participation à des foires commerciales!).
  • CanExport – Ce nouveau programme, qui a été annoncé en janvier, vise à accroître la compétitivité des entreprises canadiennes. Les entreprises qui se qualifient peuvent recevoir jusqu’à 50 % des dépenses admissibles, à hauteur de 100 000 $.
  • Fonds pour les exportateurs de l’Ontario – Ce fonds a été créé dans le but d’aider les petites et les moyennes entreprises à se préparer à l’exportation et à avoir accès aux marchés internationaux. Les entreprises admissibles peuvent recevoir jusqu’à 40 000 $ par année pendant deux ans pour l’embauche d’un directeur des exportations.
La faiblesse du dollar canadien représente également un énorme avantage pour les exportateurs canadiens : à la mi-juillet 2016, 1 $ CA valait approximativement 0,77 $ US et 0,69 €. Par conséquent, il est aussi avantageux pour les entreprises canadiennes d’exporter aux États-Unis (É.-U.) que dans les pays membres de l’Union européenne (UE). De plus, même si les entreprises canadiennes sont susceptibles d’être désavantagées sur le plan logistique par rapport à leurs compétiteurs européens, cette difficulté se trouve atténuée par les taux de change actuels.


Le Brexit et l’Union européenne

Nous sommes tous conscients de l’incertitude qui règne depuis le Brexit. Alors, il faut surveiller l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’UE qui, bien que toujours à l’étape des négociations, devrait être ratifié par le gouvernement libéral. L’AECG vise à réduire les obstacles pour les entreprises canadiennes qui veulent exercer leurs activités en Europe.

En outre, l’AECG pourrait conférer un avantage important sur le plan des exportations en Europe : l’UE est considérée comme un espace de marché beaucoup plus diversifié et potentiellement moins saturé que les É.-U., du point de vue de la concurrence. Aux É.-U., les entreprises ont tendance à se regrouper dans certaines régions. Bien que cette méthode soit avantageuse et contribue à réduire les coûts d’exportation par la concentration dans une région géographique, elle entraîne également une saturation du marché. Les entreprises qui exportent des produits dans un secteur d’activité en Europe ont la possibilité de pénétrer différents marchés géographiques à mesure qu’elles prennent de l’expansion. Il pourrait être plus facile d’augmenter sa visibilité et de se forger une réputation dans un secteur d’activité lorsque le marché est moins saturé. Jumelez cela à l’avantage du marché des devises (FOREX), et la situation commence à devenir très intéressante pour les entreprises canadiennes.

Avec tout ce qui se passe dans le monde, il est difficile pour les propriétaires d’entreprises d’extraire du lot les conseils judicieux qui sont adaptés à leurs besoins. Au-delà des recommandations données par les conseillers professionnels, il est essentiel de se tenir au fait des dernières nouvelles et de participer au dialogue en assistant à des colloques, tel le Toronto Global Forum, ou en se joignant à des associations, tels les Manufacturiers et Exportateurs du Canada (MEC). Ainsi, les propriétaires d’entreprises sont en mesure de garder une longueur d’avance. De telles rencontres et associations peuvent apporter des conseils inestimables et favoriser les conversations à propos de questions qui touchent le secteur dans son ensemble, ce qui permet à tous les intervenants de mieux prévoir les tendances et les menaces qui se profilent.

Car malgré toute l’inquiétude exprimée à la une des journaux, il existe encore un potentiel énorme pour les acteurs du secteur de la fabrication et de la distribution; parfois, il suffit de lire entre les lignes.

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