L’effet Trump : quel avenir pour l’économie canadienne ? (4e partie)

Comment la nouvelle administration pourrait influer sur votre entreprise

L'avenir du PTP: quelles conséquences pour votre entreprise?

Par : 
David Hogan, Andre Oliveira

M. Trump a été assermenté cette semaine au poste de président des États-Unis. M. Trump a promis que son premier point à l’ordre du jour serait de retirer les États-Unis de l’Accord de Partenariat transpacifique (« PTP »)[1]. Si l’un des plus importants joueurs de l’accord proposé se retire, quelles seront les conséquences pour les entreprises canadiennes qui cherchent à augmenter leurs importations ou exportations, ou à prendre de l’expansion à l’échelle mondiale?

Voici ce qu’en pensent les médias :

  • Le PTP créerait une zone de libre-échange pour les 12 pays membres, des normes communes relatives au travail et à l’environnement, ainsi que des mesures en vue de protéger les données et la propriété intellectuelle des grandes entreprises (selon The Telegraph, novembre 2016).
  • Au Canada, le PTP pourrait apparemment avantager les producteurs de porc, de bœuf et de canola (pour ne nommer que ceux-là) et ouvrir plus de marchés mondiaux à des produits déjà fabriqués outremer (selon CBC, novembre 2016).
  • Au cours du plus récent Sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique au Pérou, plusieurs dirigeants de pays riverains du Pacifique ont convenu de manière informelle d’accélérer la ratification de l’accord commercial afin de diminuer les droits de douane pour les 11 autres pays (selon The Australian, novembre 2016).

La position de Richter :

À ce moment, aucune annonce importante concernant l’avenir du PTP n’avait pas été faite; par conséquent, nous analysons chaque scénario envisageable.

Comme M. Trump vient juste de signer l’acte de retrait des É.-U. du PTP, il est fort possible que cela ait des répercussions sur les entreprises canadiennes; particulièrement en matière de conformité aux règles d’origine touchant les exportations vers les É.-U. Les règles d’origine du PTP proposent de réduire le seuil de la production requise dans les pays signataires comparativement aux règles de l’Accord de libre-échange nord-américain (« ALENA »)[2]. Le PTP permettrait aux exportateurs canadiens de se procurer plus de matières premières à l’extérieur de la région Asie-Pacifique tout en continuant d’obtenir un accès préférentiel au marché des É.-U. Les entreprises canadiennes qui exportent vers les É.-U. devraient éviter de modifier leur structure d’approvisionnement avant qu’une décision ne soit prise à propos du PTP dans son intégralité.

Si l’accord est signé sans la participation des É.-U., les entreprises canadiennes profiteraient tout de même du PTP. En effet, le Canada pourrait bénéficier d’un avantage concurrentiel sur les É.-U. et acquérir des parts de marché dans les pays membres du PTP, compte tenu de l’accès préférentiel procuré par cet accord. Cet avantage pourrait toutefois être réduit si les É.-U. négociaient des accords commerciaux bilatéraux avec les pays membres du PTP, bien que de tels accords prendraient des mois, voire des années, à se concrétiser.

Si le PTP s’effondre en raison du retrait des É.-U., nous recommandons aux entreprises canadiennes d’envisager les échanges commerciaux possibles avec d’autres partenaires, notamment européens, en particulier à la lumière de l’accord récemment signé entre le Canada et l’Union européenne, soit l’Accord économique et commercial global (« AECG »). Bien que l’AECG ait rencontré des obstacles vers la fin de 2016, il a été ratifié et sa mise en œuvre est prévue en 2017[3]. De plus, les entreprises peuvent également envisager des échanges internationaux avec la Chine, compte tenu de la volonté du Canada de négocier un accord de libre-échange avec ce pays.

Peu importe le résultat, les propriétaires d’entreprise devraient sérieusement examiner les débouchés commerciaux offerts par les pays membres du PTP ainsi que les autres marchés étrangers qui pourraient le mieux répondre aux besoins d’expansion de leurs entreprises. À l’heure actuelle, la protection tarifaire du Canada est inférieure à celle de la plupart des pays membres du PTP[4]. Par conséquent, le PTP pourrait s’avérer prometteur pour les entreprises canadiennes, pour qui le Japon, le Vietnam et l’Australie offriraient les meilleures économies tarifaires. Les entreprises qui cherchent à exporter leurs produits ou à prendre de l’expansion dans les pays membres du PTP pourraient en tirer un net avantage. 

Dans le prochain numéro : L’ALENA sera-t-il le prochain?


[1] http://www.abc.net.au/news/2016-11-22/trump-vows-to-withdraw-from-tpp-trade-deal/8045236

[2] http://international.gc.ca/economist-economiste/analysis-analyse/tpp_ei-re_ptp.aspx?lang=fra

[3] http://nouvelles.gc.ca/web/article-fr.do?nid=1145499&_ga=1.83901081.169279559.1484331818

[4] http://international.gc.ca/economist-economiste/analysis-analyse/tpp_ei-re_ptp.aspx?lang=fra


Si vous avez manqué un article, vous pouvez le consulter ici :

Article 1 : Points de vue : le Corporate Tax Code des États-Unis
Article 2 : Doit-on réellement s’attendre à un afflux d’Américains au Canada?
Article 3 : Cybersécurité : changements à l’horizon


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