Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Avril 2016

Cliquez ici afin de recevoir cette publication sur une base mensuelle.

Reprise persistante du huard soutenue par la hausse du prix du brut et les mesures modérées de la Réserve fédérale américaine

Le 12 avril dernier, le huard se négociait à plus de 78,0 ¢ US/CAD, ce qui confirmait ses gains par rapport au billet vert américain. Ces gains représentent une hausse de 13 % depuis le 18 janvier, date à laquelle le huard était passé sous la barre des 69,0 ¢ US/CAD. L’un des facteurs ayant grandement contribué à cette appréciation est la hausse récente des prix du pétrole brut, qui se sont établis au-dessus de 40 $ US pour la première fois depuis plus de trois semaines. De plus, selon la Banque Nationale, l’appréciation du huard a également été stimulée par les mesures modérées prises par la Réserve fédérale américaine, qui a réduit les hausses des taux d’intérêt prévues en 2016, ce qui a eu pour effet de freiner la hausse de la valeur du dollar américain. 

Les prévisions des banques indiquent que les évaluations actuelles ne se maintiendront pas à court terme. En effet, toutes les banques s’entendent pour dire que la paire de devises s’échangera à près de 75 ¢ US/CAD ou en deçà de ce taux au cours du prochain trimestre. À long terme, les banques, à l’exception de la CIBC, prévoient que le dollar canadien s’appréciera de façon constante par rapport au dollar américain tout au long de 2017. La CIBC, quant à elle, indique que le marché sous-évalue les hausses de taux de la Réserve fédérale américaine, ce qui justifie ses prévisions pessimistes pour le huard en 2017.

Les prévisions quant au taux CAD/EUR demeurent divisées et le Brexit laisse planer encore plus d’incertitude

Après une période de volatilité qui n’a mené nulle part, la fourchette de taux de conversion du dollar canadien par rapport à l’euro était relativement serrée au cours du mois de mars, y compris au cours des premières semaines d’avril. L’un des enjeux clés auxquels l’euro doit faire face à l’heure actuelle est la sortie éventuelle du Royaume-Uni de l’Union européenne (surnommée « Brexit »). La position conciliante adoptée par la Banque centrale européenne à l’égard de sa politique, la faible croissance et les conséquences liées à Brexit feront en sorte de limiter la force relative de l’euro. Par conséquent, compte tenu des nombreuses incertitudes, les banques sondées sont divisées quant à la valeur du dollar canadien par rapport à l’euro tout au long de 2017. La CIBC se situe à l’extrémité inférieure du spectre alors que la RBC demeure la plus optimiste quant à la force relative du CAD par rapport à l’euro jusqu’en 2017; les prévisions présentent des divergences et se situent entre 64,7 et 76,9 ¢ EUR/CAD.

Statu quo pour les taux de la Banque du Canada, hausse continue pour les taux de la Réserve fédérale américaine

Aucun changement imminent n’est attendu de la Banque du Canada. Le taux de financement à un jour devrait donc se maintenir au moins jusqu’au premier trimestre de 2017. Par la suite, soit pendant les deuxième, troisième et quatrième trimestres de 2017, la RBC, BMO et Desjardins anticipent les premières hausses de taux. Desjardins a affirmé que les plus récentes nouvelles indiqueraient qu’il ne serait pas nécessaire d’abaisser davantage le taux directeur du Canada et a attribué la stimulation de la croissance économique en 2017 en partie à la décision prise par le gouvernement d’engager des dépenses publiques à grande échelle. Chez nos voisins du Sud, le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (« FOMC ») a parlé de risques réduits en raison de la situation économique et financière mondiale et s’attend maintenant à hausser les taux seulement deux fois cette année plutôt que quatre, tel qu’il avait été prévu initialement, selon la publication d’avril de la Banque Nationale. Par conséquent, de nombreuses banques sondées ont revu à la baisse leurs prévisions relatives aux taux des fonds fédéraux, tout particulièrement la RBC, qui a modifié ses prévisions pour la fin de l’année 2017, lesquelles sont passées de 2,75 % le mois dernier à 1,75 %, afin de refléter ces nouvelles réalités économiques et directives.

Hausse prévue des taux de rendement des obligations d’État à deux ans mais dans une moindre mesure que ce qui avait été prévu en mars

Toutes les banques sondées prévoient une hausse des taux de rendement des obligations d’État à deux ans tout au long de 2017. La RBC a apporté les révisions les plus importantes : les prévisions établies dans la publication de mars pour les taux de rendement des obligations d’État canadiennes et américaines étaient respectivement de 2,45 % et de 2,95 % et sont dorénavant établies respectivement à 1,85 % et à 1,95 %. Ces révisions à la baisse ne changent pas le consensus des prévisions selon lequel les taux grimperont graduellement au Canada et aux États-Unis, mais elles réduisent la fourchette des taux de rendement.

Hausse prévue des taux de rendement des obligations d’État à dix ans, mais à un rythme plus lent

La fourchette prévue des taux de rendement des obligations d’État à dix ans s’est également rétrécie tant au Canada qu’aux États-Unis par rapport à la publication de mars. La BMO est la banque qui s’attend aux hausses les plus faibles au Canada, et elle prévoit que les taux de rendement des obligations d’État à dix ans ne dépasseront pas 2,0 % tout au long de 2016. Selon la Banque Nationale, la courbe suggère à terme des taux s’établissant à 2,02 %. Il est donc important de noter que la plupart des banques anticipent une hausse de taux plus importance que celle des cours du marché.

Chute des taux de rendement des obligations à très long terme sous les 2,0 % au Canada et fléchissement aux États-Unis

Dans le sondage de décembre, les prévisions des taux de rendement des obligations à très long terme pour mars 2016 s’établissaient entre 2,3 % et 2,65 % au Canada et entre 3,15 % et 3,2 % aux États-Unis. À l’heure actuelle, ces taux de rendement s’établissent respectivement à 1,95 % et à 2,55 %, soit bien en deçà de la fourchette prévue environ quatre mois plus tôt. La RBC a réaffirmé son optimisme envers la reprise aux États-Unis en maintenant ses prévisions pour la fin de 2017 à 3,75 %, alors que les autres banques sondées prévoient des taux bien inférieurs à ce pourcentage.

À propos de nous

Richter, qui a été fondé à Montréal en 1926, est un cabinet comptable autorisé qui offre des services de certification, de fiscalité et de gestion de patrimoine, ainsi que des services-conseils financiers dans les domaines de la restructuration organisationnelle et de l’insolvabilité, de l’évaluation et du financement d’entreprises, du soutien en matière de litiges financiers, des contrôles internes et de la gestion des risques ainsi que de la juricomptabilité. 

Notre engagement envers l’excellence, notre compréhension approfondie des enjeux financiers et nos méthodes pratiques de résolution de problèmes nous ont permis de devenir l’un des plus importants cabinets indépendants d’expertise comptable, de services-conseils organisationnels et de consultation au pays. Richter a des bureaux à Toronto et à Montréal.

Experts