Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Août 2016

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Le taux de la paire de devises CAD/USD paralysé alors que les banques centrales sont préoccupées par des données économiques mitigées

Tout au long du mois de juillet, la paire de devises CAD/USD se négociait dans une fourchette relativement étroite, soit entre 75,6 et 77,9 ¢ US/CAD. Alors que la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine ont décidé de maintenir leur taux directeur aux niveaux actuels au cours du mois de juillet, justifiant toutes deux leur décision sur la base de données économiques mitigées, il n’est pas surprenant que le taux de la paire de devises n’ait guère changé au cours du dernier mois. Par conséquent, la RBC, la Banque TD et la Banque Scotia ont à peine modifié leurs prévisions du mois de juin, alors que la BMO et la Banque Nationale ont revu leurs previsions légèrement à la baisse afin que celles-ci reflètent une vision un peu plus pessimiste pour le huard.

La Banque Nationale invoque la faiblesse des exportations et exprime des preoccupations relativement au déficit important du compte courant du Canada qui continue d’être financé par des flux de capitaux étrangers à court terme, limitant ainsi tout potentiel de hausse du huard. De plus, la Banque Nationale est d’avis que l’aversion au risque est en voie de refaire surface, ce qui entraînera une hausse de la demande pour le dollar américain, la plus importante monnaie de réserve au monde. Dans l’ensemble, les banques sondées s’accordent pour dire que la valeur du huard est assez juste et elles prévoient qu’il se négociera entre 75,0 et 80,0 ¢ US/CAD d’ici la fin de l’année 2017.


Le taux de change CAD/EUR connaît peu de changement au cours de juillet alors que la Banque centrale européenne poursuit ses mesures de relance

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (« BCE ») a confirmé son engagement à maintenir ses taux directeurs aux niveaux actuels ou à des niveaux plus faibles pendant une période prolongée. De plus, la BCE a réaffirmé qu’elle conservait son programme d’achats d’actifs mensuels au moins jusqu’à la fin du mois de mars 2017 ou jusqu’à ce qu’elle observe un ajustement durable de l’évolution de l’inflation conforme à son objectif de taux d’inflation. Ces efforts ont le même dénominateur : écarter les forces désinflationnistes, appuyer l’appétence pour le risque des investisseurs et faire en sorte que l’économie mondiale continue d’aller de l’avant.

Malgré l’issue du référendum sur le Brexit, la paire de devises CAD/EUR s’est également négocié dans une fourchette relativement étroite. En outre, étant donné l’incertitude qui plane à la suite de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne et l’incidence difficile à évaluer des mesures de stimulation sans précédent de la BCE, il n’est guère étonnant de constater l’absence de consensus parmi les banques sondées quant à la valeur future de la paire de devises, comme en témoigne le large éventail de prévisions présentées.


La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada conservent une position conciliante en raison des données économiques décevantes

Le 13 juillet dernier, la Banque du Canada a maintenu son taux cible du financement à un jour à 0,50 %, comme on pouvait s’y attendre. En passant en revue les prévisions des banques sondées, nous constatons que la BMO est la seule banque à prévoir une hausse du taux de financement à un jour, tandis que les autres banques ne prévoient aucun changement au moins avant 2017. Selon la BMO, la faiblesse des exportations est inquiétante et on ne devrait s’attendre à aucun resserrement de la part de la Banque du Canada au moins avant octobre 2017.

Le 27 juillet, la Réserve fédérale américaine a également décidé de demeurer conciliante en maintenant le taux des fonds fédéraux. Toutefois, d’après la Banque Nationale, le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (« FOMC ») a semblé plus ferme qu’à son habitude en déclarant que « les risques à court terme associés aux perspectives économiques avaient diminué ». La Banque Nationale a également ajouté qu’elle ne modifie pas sa prise de position selon laquelle le FOMC ne resserrera pas sa politique monétaire au moins jusqu’en 2017, en dépit du fait que les marchés envisagent encore la possibilité d’une hausse du taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine plus tard cette année.


Les taux de rendement des obligations d’État de deux ans demeurent relativement inchangés; hausse prévue en 2017

Les taux de rendement des obligations d’État de deux ans sont demeurés dans la meme fourchette pour la grande majorité de 2016 aux États-Unis et au Canada. La RBC, la Banque TD et la Banque Scotia n’ont pas modifié leurs prévisions du mois dernier, alors que la BMO a revu à la hausse par quelques points de base ses prévisions de rendement à la plupart des dates de prévision pour les obligations d’État de deux ans des États-Unis et du Canada. La CIBC, par contre, a revu à la baisse ses prévisions pour les États-Unis de façon significative, probablement en raison du Brexit, compte tenu du fait que les prévisions qu’elle a présentées dans la publication du mois dernier avaient été établies avant le vote historique. Dans l’ensemble, les banques sondées s’accordent encore pour dire que le taux de rendement des obligations d’État de deux ans devrait augmenter en 2017. Toutefois, il faudra vérifier si elles restent de cet avis advenant que les risques économiques se concrétisent ou que la croissance mondiale demeure anémique.




 Les taux de rendement des obligations d’État de dix ans poursuivent leur chute en raison de l’incertitude liée à de la croissance économique


Au cours du premier semestre de 2016, la faible croissance de l’investissement des entreprises aux États-Unis et la baisse de volume des exportations hors énergie au Canada ont assombri les perspectives pour le marché. Bien que les taux de rendement des obligations d’État de dix ans du Canada et des États-Unis soient en chute constante, ils atteignaient tout de même respectivement 1,04 % et 1,50 % au 12 août, ce qui est peu élevé d’un point de vue historique, mais comparable aux normes mondiales actuellement en vigueur. Selon les banques sondées, le taux de rendement des obligations du gouvernement de dix ans du Canada devrait atteindre entre 1,37 % et 1,90 % alors que celui des obligations du Trésor américain de 10 ans devrait atteindre entre 1,90 % et 2,35 % d’ici la fin de 2017, ce qui est considérablement plus élevé que les niveaux de rendement actuels.


Les taux de rendement des obligations à très long terme demeurent bas et les banques centrales mondiales adoptent une position de plus en plus conciliante


Les taux de rendement des obligations à très long terme poursuivent leur déclin progressif et atteignent actuellement des niveaux historiquement bas aux États-Unis et au Canada. Étant donné l’incertitude qui continue d’assombrir les perspectives économiques mondiales, les banques centrales de partout dans le monde mettent en place des mesures monétaires de relance afin de favoriser la croissance. Le 29 juillet dernier, la Banque du Japon élargissait son programme d’assouplissement quantitatif, le 2 août, la Banque de réserve d’Australie réduisait son taux à un jour à un taux record de 1,50 %, et, le 4 août, la Banque d’Angleterre abaissait son taux directeur à un creux record de 0,25 %. De telles mesures pèsent lourdement sur les taux de rendement des obligations d’État et font en sorte que les taux de rendement historiquement bas au Canada et aux États-Unis semblent intéressants aux yeux des investisseurs en quête de rendement. À l’exception de la Banque Scotia, les banques sondées prévoient une hausse des taux de rendement. Selon la Banque Scotia, les attentes modestes quant à une croissance induite par les exportations canadiennes et le taux de la Réserve fédérale américaine « en veilleuse » pour le reste de 2016 lui donnent des motifs de croire qu’il y aura une baisse du taux de rendement des obligations à très long terme jusqu’au troisième trimestre de 2016.

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