Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Décembre 2016

Incertitude relative à l’arrivée du gouvernement Trump et à une entente de l’OPEP

Le dollar américain tire principalement sa force du programme économique du gouvernement Trump alors que les marchés évaluent les pressions inflationnistes des dépenses en infrastructures, des réductions d’impôt et des déréglementations promises par le président désigné. Pour sa part, le dollar canadien ne se trouve pas en reste et a regagné du terrain par rapport au dollar américain, soutenu par des données économiques nationales prometteuses et bénéficiant d’une décision récente des principaux intervenants de l’OPEP de limiter la production de pétrole brut, un important produit d’exportation du Canada. En date de publication, la paire de devises s’échangeait à près de 75,0 ¢ US/CAD.

 

Notre examen des prévisions des banques montre que la Banque Nationale affirme avoir peu confiance dans la capacité des pays membres de l’OPEP de respecter l’entente récente, tandis que la Banque Scotia, Desjardins et la RBC anticipent un dollar américain plus solide en 2017. Nous avons également constaté que ces banques ont révisé leurs prévisions afin d’anticiper une appréciation de l’USD comparativement au CAD en 2017, alors que la Banque Laurentienne demeure optimiste quant au huard et que les projections de la Banque TD et de la CIBC sont demeurées relativement inchangées. Compte tenu de cette incertitude, une pratique commerciale prudente consisterait à séparer autant que faire se peut les risques d’entreprise des risques de change. Ce faisant, des opérations de couverture du risque de change pourraient être envisagées par les entreprises.

La Banque centrale européenne maintient son orientation accommodante

Depuis les creux de janvier, le huard s’est apprécié de 12 % par rapport à l’euro et s’échangeait à 71,9 ¢ EUR/CAD à la date de publication. À la suite de la rencontre du 8 décembre, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (« BCE ») a décidé de ne pas changer les principaux taux d’intérêt. En maintenant son orientation accommodante, le Conseil des gouverneurs affirme que les taux d’intérêt demeureront aux niveaux actuels ou à des niveaux plus faibles pendant une période prolongée et que la BCE conservera son programme d’achat d’actifs afin de retrouver une économie inflationniste. Selon la Banque Nationale, il est possible que l’euro se déprécie encore puisque les incertitudes liées au lancement officiel des négociations liées au Brexit font pression sur la monnaie commune. La Banque Scotia cite d’autres facteurs porteurs d’incertitude, tels des référendums sur une réforme politique et plusieurs élections nationales en Europe à venir. De manière générale, les banques sondées prévoient que la paire de devises s’échangera entre 65,1 et 70,4 ¢ EUR/CAD, ce qui indique qu’elles envisagent que le CAD se raffermira par rapport au à l’EUR au cours de la prochaine année.

 

 

Statu quo de la Banque du Canada et poursuite de la hausse de la Réserve fédérale américaine

Le 7 décembre, la Banque du Canada a décidé de maintenir le taux de financement à un jour à 0,50 %, ce qui correspond aux prévisions des banques sondées publiées le mois dernier. Les données économiques canadiennes indiquent que la conjoncture économique mondiale s’est améliorée et l’économie nationale a connu un solide rebond au troisième trimestre, attribuable à la croissance de la consommation et aux gains dans le marché de l’emploi. La Banque du Canada a ajouté que bien que les déséquilibres sur le marché de l’habitation continuent d’augmenter, les nouvelles règles de financement à l’habitation devraient les atténuer au fil du temps. Nous constatons un consensus entre les banques sondées voulant que le taux de financement à un jour demeure à 0,50 % tout au long de 2017. Le 14 décembre, la Réserve fédérale américaine a haussé le taux des fonds fédéraux, ce qui concorde avec les prévisions et indique que l’économie des États-Unis continue sa remontée. La Réserve ajoute qu’elle prévoit augmenter les taux à trois autres reprises en 2017, soit une fois de plus que selon les directives énoncées lors de la rencontre en septembre. Nous constatons que les prévisions des banques sont alignées avec les directives de la Réserve fédérale américaine, puisqu’il est attendu que le taux des fonds fédéraux augmentera progressivement tout au long de 2017.

Augmentation du rendement des obligations d’État de 2 ans au Canada et aux États-Unis  

Depuis les creux de juillet, les rendements des obligations d’État de 2 ans ont presque doublé aux États-Unis, tandis qu’ils ont augmenté progressivement depuis septembre sur les obligations d’État de 2 ans du Canada. De manière générale, les banques s’entendent pour dire que M. Trump mettra en œuvre son programme favorable à la croissance qui, à son tour, créera des pressions inflationnistes et fera augmenter les rendements. Toutefois, les banques n’attribuent pas toutes à l’administration Trump les hausses de rendements. La TD suggère que, peu importe le résultat des élections, l’économie des États-Unis était déjà en voie d’atteindre son potentiel. Néanmoins, les banques s’entendent encore pour dire que les rendements sur les obligations de 2 ans continueront d’augmenter de façon constante aux États-Unis et à un rythme moins soutenu au Canada.

Hausse des rendements et évolution du paysage : sources d’occasions

À la suite d’un recul prolongé durant 2015 et la deuxième moitié de 2016, les rendements sur les obligations d’État au Canada et aux États-Unis ont augmenté de façon constante et marquée. L’économie canadienne montre des signes rassurants, notamment grâce à un solide rebond au troisième trimestre, tandis que l’actualité politique aux États-Unis appuie un programme économique favorisant la croissance et l’expansion. Desjardins se fait prudente en mentionnant que bien que les rendements sur les obligations ont augmenté après l’élection présidentielle aux États-Unis, ils demeurent faibles comparativement aux moyennes historiques et plusieurs facteurs pourraient encore favoriser leur hausse. Dans l’ensemble, les banques sondées prévoient que les rendements poursuivront leur remontée, mais à un rythme moins soutenu tout au long de 2017. À mesure que l’économie américaine poursuivra sa reprise et si les politiques favorisant la croissance sont acceptées et mises en œuvre, les entreprises canadiennes qui font des affaires ou qui ont des clients aux États-Unis pourraient trouver là des occasions à saisir.



Augmentation des rendements, de même que des défis et des occasions

Toutes les banques sondées ont revu à la hausse leurs prévisions quant aux rendements des obligations à très long terme aux États-Unis et au Canada comparativement au mois dernier, ce qui concorde avec la croissance attendue de l’économie américaine et la reprise solide de l’économie canadienne après un départ chancelant en 2016. Selon la Banque Scotia, la croissance aux États-Unis devrait par ailleurs se poursuivre puisqu’elle est soutenue par les dépenses de consommation en légère hausse, une croissance solide du marché de l’emploi, ainsi que la hausse des salaires et des revenus et le dynamisme de l’activité industrielle. La banque a ajouté que la croissance au Canada devrait demeurer un peu plus faible, partiellement en raison des coûts d’emprunt légèrement plus élevés, mais elle a également souligné que l’économie américaine plus solide ainsi que les effets à venir des mesures canadiennes d’incitation fiscale devraient soutenir l’économie au Canada. Les propriétaires d’entreprises devraient se tenir au fait du paysage financier en constante évolution, non seulement afin d’atténuer les hausses possibles des coûts d’emprunt et les risques de change, mais également afin de tirer profit des occasions stratégiques et imminentes qui en découleront. Nous sommes témoins de clients qui cherchent à tirer parti des conditions monétaires favorables au Canada (les taux d’intérêt faibles et un dollar canadien relativement abordable) en exportant des produits et des services à leurs clients aux États-Unis.

 

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Richter, qui a été fondé à Montréal en 1926, est un cabinet comptable autorisé qui offre des services de certification, de fiscalité et de gestion de patrimoine, ainsi que des services-conseils financiers dans les domaines de la restructuration organisationnelle et de l’insolvabilité, de l’évaluation et du financement d’entreprises, du soutien en matière de litiges financiers, des contrôles internes et de la gestion des risques ainsi que de la juricomptabilité.

Notre engagement envers l’excellence, notre compréhension approfondie des enjeux financiers et nos méthodes pratiques de résolution de problèmes nous ont permis de devenir l’un des plus importants cabinets indépendants d’expertise comptable, de services-conseils organisationnels et de consultation au pays. Richter a des bureaux à Toronto et à Montréal.



 

 

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