Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Février 2018

Le huard continue de grimper, à l’instar des prix du pétrole

Au Forum économique mondial de Davos, le gouverneur de la Banque du Canada, M. Stephen Poloz, a réitéré que l’incertitude entourant l’ALENA constituait l’une des principales préoccupations de la banque centrale. M. Poloz a également affirmé que l’ère du crédit bon marché allait vraisemblablement se poursuivre pendant encore quelque temps, parce que les économies tentent toujours de se sortir de nombreuses difficultés sous-jacentes. Malgré ce ton conciliant, le huard a réussi à produire de modestes gains par rapport au billet vert, en perte de vitesse.

La Banque Nationale a d’ailleurs constaté que le dollar américain avait connu ses pertes mensuelles les plus importantes en près de deux ans. Cependant, les banques sondées s’attendent à ce que le dollar américain reprenne de la vigueur plus tard au cours de l’année, car les données économiques fondamentales des États-Unis pourraient donner lieu à deux autres hausses des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine. La Banque Nationale ne croit pas que le huard continuera sur sa lancée à long terme, étant donné que le Canada continue de dépendre des capitaux étrangers, une mesure qui ne fonctionne qu’à court terme. La Banque TD soutient que le dollar américain a été surévalué pendant une grande partie de 2017 si on le compare à d’autres principales devises. Au Canada, la Banque TD estime que les risques sont disproportionnés en ce qui concerne l’endettement élevé des ménages et l’incertitude relative à l’ALENA, mais estime que la paire de devises se négocie à sa juste valeur. Pour sa part, la CIBC indique que le dollar canadien se fie trop aux hausses de taux de la Banque du Canada. Dans l’ensemble, les banques sondées ne s’entendent pas sur la valeur future de la paire de devises : leurs prévisions s’établissent entre 76,34 et 83,13 ¢ US/CAD d’ici la fin de 2018.

La Banque centrale européenne continue d’adopter une politique conciliante

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé, lors de la réunion du 25 janvier, de ne pas hausser les taux d’intérêt, en affirmant que le conseil des gouverneurs s’attend à ce que les taux d’intérêt de la BCE demeurent à leurs niveaux actuels pendant une longue période, bien au-delà de l’horizon fixé pour les achats d’actifs nets. Lors d’une conférence de presse suivant l’annonce de la BCE, le président de la banque, M. Draghi, a indiqué que la volatilité récente des taux de change représente une source d’incertitude qui doit faire l’objet d’un suivi en ce qui a trait aux répercussions possibles sur la stabilité des prix à moyen terme. Pour l’instant, la vigueur de l’euro semble freinée par la réticence de la BCE à abandonner les mesures de stimulation.

La Banque Nationale prévoit des risques de volatilité accrue pour l’euro, en raison d’incertitudes géopolitiques, notamment les élections générales qui auront lieu en Italie le 4 mars. Des mouvements populistes qui souhaitent mettre fin à l’Union européenne se sont invités dans cette élection et, de manière générale, ils font bonne figure dans les sondages. Ils pourraient même accentuer leur emprise en mettant l’accent sur la faiblesse de l’économie italienne et la jeunesse marginalisée. La CIBC a mentionné que l’euro pouvait s’apprécier plus tard au cours de l’année, car les données économiques fondamentales dans la zone euro continuent de s’améliorer, comme en témoignent la forte croissance, la hausse de l’indice PMI et la baisse constante du taux de chômage. La CIBC voit donc la valeur future de l’euro d’un très bon œil et prévoit que la paire de devises se négociera à 59,52 EUR/CAD d’ici la fin de 2018. Dans l’ensemble, les banques sondées ne s’entendent toujours pas sur l’avenir de la paire de devises EUR/CAD : les prévisions indiquent qu’elle se négociera entre 59,52 et 69,46 EUR/CAD jusqu’à la fin de 2018.

Statu quo pour la Réserve fédérale américaine, ce qui laisse libre cours à une hausse de taux en mars

Les banques sondées s’entendent toutes pour dire que la Banque du Canada procédera à d’autres hausses de taux, mais leur avis diffère sur le moment et la fréquence. RBC et la Banque Nationale prévoient trois hausses supplémentaires, tandis que la Banque TD et la CIBC ne s’attendent qu’à une autre hausse. Desjardins et BMO prévoient quant à elles deux autres hausses. La BMO justifie cette prévision par l’incertitude entourant l’ALENA et la réaction du marché du logement aux nouvelles règles sur les prêts hypothécaires. Aux États-Unis, comme la majorité s’y attendait, le Federal Open Market Committee (FOMC) n’a pas modifié les taux d’intérêt le 31 janvier dernier, mais devrait procéder à une hausse le 21 mars. Les banques sondées s’entendent toutes pour dire que la Réserve fédérale américaine procédera à trois hausses de taux au cours de l’année, et RBC en prévoit même quatre.

Révision à la hausse du taux de rendement des obligations d’État à deux ans aux États-Unis; stabilité relative au Canada

Depuis la publication du mois dernier, les prévisions de taux des obligations du gouvernement canadien n’ont subi que de légers ajustements à la hausse. Aux États-Unis, comme les données économiques fondamentales continuent d’être encourageantes et que les derniers indicateurs pointent vers au moins trois hausses de taux par le FOMC en 2018, les prévisions sur le taux de rendement des obligations américaines ont été revues à la hausse de façon marquée par BMO, la CIBC, la Banque Nationale et Desjardins. La Banque TD et la Banque Nationale ont justifié leur position par la hausse prévue de l’inflation qui a fait gonfler le taux de rendement des obligations d’État des États-Unis. La Banque Nationale ajoute également la hausse du dynamisme ambiant et l’assouplissement des conditions financières à la liste de facteurs justifiant la hausse. Dans l’ensemble, les banques sondées s’attendent à une hausse stable des taux de rendement des obligations d’État à deux ans pour la période des prévisions, taux qui devraient s’établir entre 2,05 % et 2,45 % au Canada et entre 2,47 % et 2,75 % aux États-Unis d’ici la fin de 2018.

Tendance soutenue à la hausse des taux de rendement tout au long de 2018

Les prévisions des taux de rendement des obligations d’État à 10 ans du Canada et des États-Unis ont été revues à la hausse par la plupart des banques sondées. BMO s’attend à ce que le taux des obligations des gouvernements canadien et américain continue d’augmenter en raison des futures hausses des taux et des risques accrus d’inflation. BMO a également souligné qu’elle ne prévoit pas l’inversion des taux de rendement des obligations à 2 et à 10 ans, ce qui est un indicateur important de récession. Dans l’ensemble, les banques s’entendent pour dire que la tendance à la hausse des taux de rendement des obligations d’État à 10 ans se poursuivra et que ces taux devraient s’établir entre 2,35 % et 2,95 % au Canada et entre 2,90 % et 3,30 % aux États-Unis d’ici la fin de 2018.

Hausse des taux pour les obligations à long terme au Canada et aux États-Unis

Les taux de rendement des obligations à long terme du gouvernement canadien ont été revus légèrement à la hausse et à la baisse par rapport aux prévisions du mois dernier, alors que les prévisions pour les obligations à long terme du gouvernement américain ont subi des hausses plus marquées par rapport au mois dernier. Les banques sondées s’entendent toutes pour dire que le taux de rendement des obligations à long terme augmentera progressivement tout au long de 2019. RBC présente les taux les plus optimistes en ce qui concerne les obligations canadiennes et américaines : elle prévoit des rendements de 3,15 % et de 3,60, respectivement, d’ici la fin de 2018.

 

 

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