Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Janvier 2017

Le dollar canadien rebondit tandis que la hausse des prix du pétrole se poursuit; l’incertitude plane

À l’aube de 2017, le dollar canadien est parvenu à regagner du terrain par rapport à la forte remontée du dollar américain pondéré en fonction des échanges, dans la foulée de la hausse convaincante des prix du pétrole, un important produit d’exportation du Canada. Les prix du pétrole brut ont, en date de publication, presque doublé depuis les creux de 2016, bénéficiant de nombreux facteurs, notamment de la décision de l’OPEP de limiter la production de pétrole brut. Parallèlement, la vigueur persistante du billet vert s’explique en grande partie par les perspectives encourageantes de l’économie américaine, les attentes accrues quant aux hausses de taux imminentes de la Réserve fédérale américaine ainsi qu’à l’intention manifestée par le président Trump des États-Unis d’instaurer d’importantes mesures de stimulation budgétaire. En date de la présente publication, la paire de devises s’échangeait à 75,6 ¢ US/CAD.

La Banque Laurentienne estime que la remontée des prix des produits de base se poursuivra en 2017 et que la Réserve fédérale américaine tentera d’atténuer la hausse du dollar américain, et s’appuie sur ces deux facteurs pour anticiper un dollar canadien plus vigoureux. Les autres banques sondées prévoient un dollar canadien plus faible durant la première moitié de 2017, puis leur consensus devient moins clair. La Banque Nationale doute de la capacité du dollar américain de poursuivre sur sa lancée et cite des défauts de paiement possibles sur des dettes libellées en dollar américain, qui pourraient freiner la hausse du billet vert. Par ailleurs, BMO mentionne la possibilité que le dollar américain bondisse si des mesures commerciales protectionnistes sont adoptées. Par conséquent, compte tenu de l’incertitude évidente et des éléments catalyseurs à court terme, nous encourageons les propriétaires d’entreprises à prendre des mesures préventives afin de réduire leur exposition au risque de change, lorsque les circonstances l’exigent.



Prévisions des devises reposant sur l’incertitude politique; des défis et des occasions se profilent

D’un mois à l’autre, la paire de devises CAD/EUR a peu varié, s’échangeant dans les 71,5 ¢ EUR/CAD au moment de la publication. Le faible consensus des banques sondées révèle que l’incertitude continuera d’être le thème principal de 2017. Elles anticipent que la paire de devises s’échangera entre 62,6 et 75,5 ¢ EUR/CAD pour l’ensemble de la période examinée. Selon BMO, ses prévisions prudentes reflètent le climat politique, en particulier le vote sur le Brexit et l’élection de Trump. Il serait avisé de se pencher sur certaines élections clés qui auront lieu en Europe cette année et pourraient dévoiler des mouvements populistes. L’élection qui aura lieu en mars aux Pays-Bas pourrait fournir un premier exemple de tels mouvements, puisque le Parti pour la liberté anti-européen de Geert Wilders remonte dans les sondages. Les mouvements populistes gagnent également du terrain en France, où une élection présidentielle est prévue au printemps, l’actuel président Hollande ayant confirmé son intention de ne pas se présenter de nouveau. De plus, des mouvements de division apparaissent également en Italie, où plusieurs partis anti-européens gagnent de l’ampleur. D’un autre côté, le résultat des élections semble moins incertain en Allemagne, puisqu’on prévoit que la chancelière Angela Merkel obtiendra un nouveau mandat. Il serait avisé, pour les entreprises qui possèdent des intérêts commerciaux en Europe, de comprendre les possibilités de ce climat politique changeant afin d’éviter les pièges et de saisir les nouvelles occasions d’affaires (ou d’investissement).



La Banque du Canada pourrait hausser graduellement ses taux en 2018, selon les banques sondées

La Banque Nationale indique qu’en décembre, le gouverneur de la Banque du Canada, M. Stephen Poloz, a déclaré qu’il n’avait pas imaginé que l’économie canadienne pouvait être encore si loin de la pleine capacité, ajoutant qu’une « marge de capacités excédentaires considérable subsiste au Canada ». Par conséquent, il semble juste que les banques sondées envisagent le maintien de l’orientation monétaire accommodante en 2017. Par la suite, plusieurs banques anticipent toutefois la fin des faibles taux d’intérêt et un retour graduel à la normale de la politique monétaire de la Banque du Canada d’ici 2018. Cette prévision concorde avec le rapport sur la politique monétaire publié en octobre par la Banque du Canada selon lequel l’écart de production se résorbera vers le milieu de 2018. Aux États-Unis, les institutions s’entendent toujours pour dire que le taux des fonds fédéraux augmentera en 2018. Nous sommes d’avis que les entreprises canadiennes continueront de bénéficier de faibles taux d’intérêt, mais qu’elles devraient se préparer à une hausse des coûts d’emprunt à moyen terme.




Augmentation du taux de rendement des obligations d’État de deux ans et ajustements à la hausse

En date de la présente publication, les taux de rendement des obligations d’État de deux ans du Canada et des États-Unis s’établissaient respectivement à 0,72 % et à 1,17 %. Il s’agit d’un léger recul comparativement à la hausse enregistrée après la victoire de Trump. Nous avons pu observer que les banques sondées ont essentiellement revu à la hausse leurs prévisions des taux de rendement des obligations d’État de deux ans du Canada et des États-Unis afin de refléter le contexte actuel de rendements plus élevés et les nouvelles attentes. La hausse du taux de rendement des obligations d’État des États-Unis est principalement attribuable aux attentes que les mesures de stimulation budgétaire financées par déficit favoriseront une accélération de la croissance et une hausse de l’inflation. Bien que ces attentes découlent principalement des États-Unis, les taux des obligations canadiennes ont emboîté le pas, quoiqu’à un rythme plus modéré. De manière générale, les banques sondées s’entendent pour dire que les taux de rendement des obligations d’État de deux ans augmenteront tant au Canada qu’aux États-Unis durant l’horizon prévisionnel de deux ans présenté dans notre publication.



La hausse des taux de rendement laisse présager un optimisme économique ainsi que des conditions financières resserrées

En décembre dernier, le gouverneur Poloz a déclaré qu’il s’agit absolument d’un cas où la hausse des taux de rendement sur les obligations, qui se traduira par une augmentation des taux hypothécaires au Canada, constitue un resserrement des conditions de financement. Cette déclaration laisse entendre que la hausse des taux de rendement sur le marché obligataire mondial va à l’encontre des politiques de simulation de taux d’intérêt bas de la Banque du Canada. Les taux de rendement sur les obligations d’État de dix ans du Canada et des États-Unis ont fortement augmenté depuis le début du quatrième trimestre de 2016. En effet, des indices économiques encourageants se sont révélés bien avant l’élection présidentielle. L’économie américaine est revenue sur la bonne voie après un premier semestre décevant en 2016, mue par une croissance de 3,2 % du PIB réel au troisième trimestre et un taux de chômage à son plus bas niveau depuis la récession. Si le programme Trump favorable à la croissance prédomine et que l’administration Trudeau joue bien ses cartes, nous envisageons la création de nombreuses occasions d’affaires au sud de la frontière pour les entreprises canadiennes.




Hausse graduelle du taux de rendement des obligations à très long terme

Comme les taux de rendement sur les obligations d’État de deux et de dix ans, les taux de rendement sur les obligations d’État à très long terme devraient augmenter progressivement au Canada et aux États-Unis. Quoique plusieurs banques aient revu leurs prévisions à la hausse, elles soulignent un risque de baisse attribuable à l’arrivée de la nouvelle administration aux États-Unis, citant les politiques d’immigration resserrées et les politiques commerciales plus restrictives qui, bien qu’elles soient inflationnistes, pourraient avoir des incidences négatives sur la croissance américaine à long terme.


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