Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Juillet 2016

Cliquez ici afin de recevoir cette publication sur une base mensuelle.

Le taux de change CAD/USD se situe dans une fourchette serrée malgré la volatilité des marchés financiers

À la lumière des incertitudes qui planent à l’échelle mondiale, la Réserve fédérale américaine y est allée de prévisions modérées quant à toute hausse de taux imminente lors de la reunion tenue les 14 et 15 juin derniers, ce qui est venu atténuer la force du dollar américain. Toutefois, l’onde de choc subie par les marchés à la suite du résultat longuement attendu du référendum du 23 juin au Royaume-Uni, qui s’est soldé par la sortie prévue du pays de l’Union européenne, a entraîné une hausse de la demande pour le billet vert américain, soit la plus importante monnaie de réserve au monde, alors que les investisseurs cherchaient à se mettre à l’abri des aléas provoqués par le Brexit. De plus, le prix du pétrole brut a chuté pour passer de plus de 50 $ le baril avant le référendum à environ 45 $ le baril en date du 19 juillet, ce qui a affaibli le dollar canadien. En raison de ces forces antagonistes, la paire de devises se négociait dans une fourchette relativement étroite, et ce, même si la volatilité était au rendez-vous sur les marchés financiers et le taux de change est passé de 76,4 au début de juin à 76,9 ¢ US/CAD à la fin du mois.

En ce qui concerne les prévisions des banques sondées, la RBC a revu la limite inférieure de ses prévisions, qui est passée de 80,0 à 76,9 ¢ US/CAD, afin de tenir compte de prévisions à la baisse pour le huard à la fin de 2017. En outre, la Banque Nationale a apporté plusieurs ajustements à la baisse : ses prévisions pour le troisième trimestre de 2016 sont notamment passées de 80,0 à 73,0 ¢ US/CAD. Au dire de la Banque Nationale, ces ajustements visent à refléter les avantages dont bénéficie le dollar américain lors de périodes d’incertitude et de tension accrues subies par les marchés financiers, en raison du statut de refuge que représente cette devise. Les autres banques sondées n’ont pratiquement pas modifié leurs prévisions. Il faut toutefois noter que les prévisions de la CIBC et de Desjardins ont été publiées le 20 juin, soit avant que le résultat du Brexit au Royaume-Uni ne soit rendu public. Nous attendons donc de voir si ces institutions apporteront des modifications en fonction du vote.



Les inquiétudes quant à l’avenir de la zone euro refont surface; les prévisions du taux de change CAD/EUR sont empreintes d’incertitudes
Les résultats du Brexit du 23 juin au Royaume-Uni ont ravivé les craintes quant à l’avenir de l’Union européenne. D’autres pays membres se sont même questionnés sur l’éventuelle tenue d’un tel référendum chez eux, ce qui a soulevé encore plus d’incertitudes sur la valeur future de l’euro. La Banque TD a revu ses prévisions afin qu’elles reflètent une devise relativement plus faible tout au long de 2017, en affirmant que, selon elle, le Brexit vient changer les règles du jeu au Royaume-Uni et aura probablement un effet dévastateur sur la croissance en Europe. De même, la BMO se voit préoccupée par la possibilité que d’autres pays s’inspirent du Brexit et tiennent leur propre référendum, et que les incertitudes et le faible taux d’inflation mettent éventuellement la Banque centrale européenne (BCE) sur le qui-vive, donc que l’euro demeure faible. En raison de cette faiblesse perçue de l’euro, la BMO prévoit que le dollar canadien se négociera à un taux de 74,6 ¢ EUR/CAD pour le reste de l’année. Dans la présente publication, la grande majorité des banques sondées, sauf la CIBC, anticipent que la valeur du dollar canadien demeurera dans la même fourchette ou augmentera par rapport à l’euro tout au long de 2017. La CIBC semble faire cavalier seul, mais il faut toutefois se rappeler qu’elle a publié ses prévisions avant le résultat du Brexit. Il faudra donc vérifier attentivement si elle les modifiera en raison des nouveaux fondements économiques.



Le contexte d’incertitude économique à l’échelle mondiale est moins favorable à des prévisions à la hausse
Le 28 juin, un gouverneur de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, s’est prononcé sur les enjeux de la politique monétaire, à la lumière des nouveaux développements sur le plan économique. Il a indiqué, sur un ton neutre, que la politique monétaire devrait continuer d’appuyer la croissance et que le Brexit laisse entrevoir de nouvelles turbulences au sein de l’économie américaine. Il n’est donc pas étonnant de voir des révisions à la baisse des prévisions, en matière de hausses futures de taux de la Réserve fédérale américaine. En ce qui concerne les taux de financement à un jour au Canada, les banques sondées ont maintenu ou réduit leurs prévisions sur le taux directeur. Seules la CIBC et la BMO ont prévu une hausse des taux tout au long de 2017. La Banque Nationale, l’une des banques ayant revu à la baisse ses prévisions quant à la hausse des taux d’ici 2017, a indiqué que même si elle anticipe une accélération de l’économie canadienne au cours du troisième trimestre, le contexte économique futur se trouve dorénavant plus à risque à cause de l’agitation liée au Brexit. Si de telles incertitudes persistent, il sera important de surveiller si les banques auront tendance à établir des prévisions à la baisse relativement au taux de financement à un jour au Canada.



Ajustement à la baisse du taux des obligations d’État de deux ans : symptomatique de la baisse des rendements
Le rendement des obligations du Trésor américain de deux ans a chuté pour s’établir à 0,68 %, alors que celui des obligations du gouvernement du Canada de deux ans a aussi baissé et atteint 0,50 % en date du 18 juillet, alors que l’incertitude économique à l’échelle mondiale continue de confirmer la nécessité d’une politique monétaire d’accommodation. Selon Fitch Ratings, une dette souveraine mondiale de 11,7 billions de dollars fait état de rendements négatifs en juin, une hausse vertigineuse par rapport à une dette de 1,3 billion de dollars le mois précédent. La BMO indique que malgré la prolifération de rendements négatifs, même les faibles rendements record enregistrés en Amérique semblent dorénavant intéressants aux yeux d’investisseurs en quête de revenus. Les banques sondées ont toutes revu à la baisse leurs prévisions du taux de rendement de ces obligations d’État de deux ans et certaines d’entre elles de manière considérable. La RBC, par exemple, a réduit de plus de la moitié ses prévisions quant au taux de rendement des obligations canadiennes de deux ans pour la fin de 2017, taux qui est passé de 1,85 % à 0,80 %, et a réservé sensiblement le même sort aux taux de rendement des obligations du Trésor américain, qui sont passés de 1,95 % à 1,25 %. À partir de maintenant, les banques sondées prévoient une reprise pour les taux de rendement des obligations d’État de deux ans tout au long de 2017.



La dégringolade se poursuit pour les obligations d’État de dix ans et a même atteint des records récemment
Tant au Canada qu’aux États-Unis, le rendement des obligations d’État de dix ans a récemment atteint un creux historique après que le Oui l’ait emporté dans le cadre du Brexit et la situation n’a pas beaucoup changé depuis le référendum. Comme l’indique la BMO, le Canada est l’un des rares pays dont la notation de crédit AAA demeure incontestée, donc même ces rendements anémiques record pourraient s’avérer attrayants pour des investisseurs. En outre, la Banque Nationale mentionne qu’elle s’attend à ce que la demande pour des obligations du gouvernement du Canada, dont la notation de crédit est établie à AAA, se maintienne au cours de l’été, tout comme celle pour les obligations du Trésor américain. De plus, elle prévoit que les obligations du gouvernement du Canada de 10 ans se négocieront à un taux de 1,32 % d’ici la fin de l’année, soit à un taux de 0,30 % inférieur à celui prévu le mois dernier.

Chute du rendement des obligations à très long terme qui, possiblement, perdurera longtemps
Le déclin qu’ont connu les rendements de toutes les obligations d’État a également touché celui des obligations du Trésor de 30 ans et des obligations du Canada à très long terme. Les rendements des obligations à très long terme sont en chute constante depuis plusieurs mois consécutifs, en raison du contexte économique mondial de plus en plus sombre et incertain. Un nombre croissant de dettes souveraines à l’échelle mondiale dégagent des rendements négatifs à l’heure actuelle. La Banque TD croit que les marchés surestiment possiblement l’incidence des pressions baissières exercées sur l’économie américaine imputables aux événements ayant eu lieu en Europe et à l’aversion aux risques potentiels. L’institution indique également que l’économie américaine est en bien meilleure posture que ses pairs relativement aux fondements économiques. Ce portrait fera possiblement en sorte que les rendements des obligations à très long terme demeureront faibles plus longtemps que prévu, mais les banques sondées prévoient ultimement une remontée des rendements par rapport aux niveaux actuels, comme en fait foi la présente compilation.

 

Les électeurs du Royaume-Uni disent Oui à la sortie de l’Union européenne : chute historique de la livre sterling
La livre sterling (« GBP ») a enregistré une baisse historique de 8,4 % en une seule journée à la suite de la décision des électeurs du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Pour plus de perspective, rappelons que la plus grande baisse en un jour à avoir été compilée jusqu’à maintenant pour la GBP était de 4,1 %. Cette baisse s’est produite en 1992, lors de l’exclusion de la GBP du mécanisme de taux de change en Europe. Après le Brexit, le premier ministre du Royaume-Uni, M. David Cameron, a annoncé son intention de démissionner et la Banque d’Angleterre a fait part de ses intentions quant à des mesures d’accommodation, en signalant qu’elle entrevoyait des baisses de taux et qu’elle reverrait à la baisse les exigences en matière de capital pour les prêteurs. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, M. Mark Carney, a qualifié ces mesures de changements significatifs à la lumière de prévisions économiques difficiles pour le Royaume-Uni.

Alors que le Royaume-Uni entreprend le long processus de négociation de sa sortie de l’Union européenne, de nombreuses incertitudes sont soulevées. Selon la BMO, les tensions exercées sur la GBP se maintiendront, mais lorsque la relation future entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sera plus claire, la GBP reprendra du galon. L’éventail des prévisions des banques sondées est large : la Banque Scotia et la RBC anticipent d’autres baisses de la GBP, alors que la Banque TD, la BMO et la Banque Nationale prévoient que la devise gagnera du terrain par rapport au dollar canadien sans toutefois remonter aux taux enregistrés immédiatement avant le Brexit au moins avant 2017. Les prévisions des deux autres institutions, soit la CIBC et Desjardins, ont été établies avant que le résultat du vote ne soit rendu public, ce qui pourrait expliquer leur vision optimiste de la GBP par rapport à celle des autres banques sondées.

À propos de nous
Richter, qui a été fondé à Montréal en 1926, est un cabinet comptable autorisé qui offre des services de certification, de fiscalité et de gestion de patrimoine, ainsi que des services-conseils financiers dans les domaines de la restructuration organisationnelle et de l’insolvabilité, de l’évaluation et du financement d’entreprises, du soutien en matière de litiges financiers, des contrôles internes et de la gestion des risques ainsi que de la juricomptabilité.

Notre engagement envers l’excellence, notre compréhension approfondie des enjeux financiers et nos méthodes pratiques de résolution de problèmes nous ont permis de devenir l’un des plus importants cabinets indépendants d’expertise comptable, de services-conseils organisationnels et de consultation au pays. Richter a des bureaux à Toronto et à Montréal.

 

Experts