Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Juillet 2017

Le huard refait surface.

En raison du récent regain de l’économie canadienne, le taux du huard a connu, le 12 juillet dernier, sa première hausse en sept ans. Il en résulte que le huard se négociait au niveau le plus élevé depuis juin 2016. En date de la présente publication, la paire de devises s’échangeait à 78,93 ¢ US/CAD.

Compte tenu du ton plus dur employé par la Banque du Canada, la CIBC a revu à la hausse ses prévisions quant au dollar canadien, mais indique un risque de hausses éventuelles des taux plus tôt que prévu si la valeur du huard continue de grimer. Desjardins s’attend à ce que la paire de devises CAD/USD continue de se négocier autour des 75,0 ¢ US/CAD, même si le dollar américain pourrait s’apprécier par rapport à la majorité des autres devises. De plus, Desjardins a indiqué que les rumeurs de mesures protectionnistes sévères qui couraient depuis quelques mois semblent ne pas se concrétiser, ce qui explique pourquoi l’institution a assoupli ses prévisions en matière d’inflation. La Banque Nationale fait preuve d’un plus grand optimisme encore en ce qui concerne les prévisions sur le huard et a haussé ses cibles à court terme pour la paire de devises USD/CAD en conséquence. Même si la situation s’améliore, la Banque TD souligne qu’un risque demeure en raison des mesures confuses visant à remédier à la situation du marché de l’immobilier qui risquent d’avoir d’importantes répercussions, et que la renégociation de l’ALENA et la réforme fiscale potentielle aux États-Unis exercent une pression accrue chez les décideurs. Desjardins partage l’inquiétude de la TD quant à l’ALENA et au marché immobilier et ajoute que l’endettement élevé des ménages pourrait susciter d’autres craintes. 

La Banque centrale européenne pourrait se montrer moins conciliante

Lors de sa réunion tenue en juin, les représentants de la Banque centrale européenne (BCE) ont retiré leurs indications prospectives et n’envisagent plus de baisser davantage les taux. En fait, ils prévoient que les taux se maintiendront à leurs niveaux actuels pendant une longue période. La BCE a toutefois été claire quant à ses intentions d’accroître son programme d’assouplissement quantitatif pour tenter de revenir à un schéma inflationniste. En effet, le taux d’inflation pour 2017 et les deux prochaines années se situe bien en deçà de la cible de 2 % fixée par la BCE. La Banque Nationale rappelle que la hausse de l’euro devrait être limitée en raison des négociations du Brexit et des politiques souples de la BCE. La CIBC, quant à elle, soutient plutôt que l’euro devrait se renforcer et qu’on pourrait assister à une réduction des mesures de stimulation monétaire d’ici septembre. Desjardins exprime certaines préoccupations en ce qui a trait à l’économie européenne, notamment en raison des élections en Allemagne, des négociations difficiles au Royaume-Uni relativement au Brexit et de l’instabilité géopolitique qui persiste. Dans l’ensemble, les banques sondées prévoient que les taux pour la paire de devises s’établiront entre 76,0 et 78,0 EUR/CAD d’ici décembre 2017. Ces prévisions montrent que l’euro gagne en force par rapport au dollar canadien, alors que la paire de devises se négocie à l’heure actuelle à 78,93 EUR/CAD, ce qui laisse présager un rythme de croissance économique soutenu dans la région.

Le Canada hausse les taux

Le 12 juillet dernier, la Banque du Canada a annoncé qu’elle haussait le taux du financement à un jour à 0,75 % et a resserré sa politique monétaire plus tôt que ne l’avaient prévu les marchés. Cette position est considérée comme une politique de normalisation et le début de l’ajustement des deux réductions de taux en 2015. L’ensemble des banques sondées s’entendent pour dire que le taux du financement à un jour s’établira entre 1,25 % et 1,5 % d’ici le quatrième trimestre de 2018, ce qui se traduira par deux à trois autres hausses de taux de 0,25 %. Toutefois, la Banque TD s’attend à des hausses prudentes de 0,25 % à intervalles d’environ six mois, en raison des risques inhérents à l’endettement élevé des ménages canadiens et de l’incertitude répandue quant aux répercussions des politiques américaines. 

Hausse prononcée des taux des obligations d’État de deux ans

À la suite de l’annonce des hausses de taux, le rendement des obligations canadiennes de deux ans a atteint son niveau le plus élevé depuis 2013, soit 1,2 %. Toutes les banques sondées ont revu à la hausse leurs prévisions relatives aux taux des obligations canadiennes de deux ans par rapport à celles du mois précédent. La Banque TD énonce que les hausses de taux annoncées plus tôt que prévu au Canada entraîneront la réduction des écarts avec les taux de rendement des obligations américaines, ce qui viendra soutenir la hausse du dollar canadien. RBC, la Banque TD, la Banque Nationale et Desjardins, quant à elles, ont toutes revu à la baisse leurs prévisions respectives pour les taux des obligations d’État américaines de deux ans. Malgré les changements de prévisions, toutes les banques continuent de s’entendre pour dire que les taux au Canada et aux États-Unis augmenteront graduellement.

Hausse prévue du rendement des obligations d’État de dix ans

Le rendement des obligations d’État de 10 ans du Canada et des États-Unis devrait augmenter tout au long de 2018, mais à un rythme plus lent que celui qui avait été prévu le mois dernier. La Banque Nationale explique cet ajustement par l’incertitude qui entoure l’inflation. Desjardins signale les difficultés de l’administration Trump sur le plan politique comme l’un des facteurs qui justifient ces prévisions. La RBC continue de prévoir les hausses les plus importantes et s’attend à ce que le taux de rendement au Canada et aux États-Unis passe respectivement à 2,85 % et à 3,40 % d’ici la fin de 2017. 

 

Hausse prévue du taux de rendement des obligations à long terme tout au long de 2018

La fourchette des taux de rendement prévus pour les obligations d’État à long terme s’est également rétrécie tant au Canada qu’aux États-Unis par rapport à la publication de juin. Conformément à ce qu’elles avaient prédit au cours des mois précédents, les banques sondées s’entendent pour dire que le rendement des obligations à long terme continuera d’augmenter pour le reste de 2017 et tout au long de 2018. Toutefois, à l’heure actuelle, plus de la moitié des banques ont revu à la baisse leurs prévisions pour les obligations américaines à long terme d’ici la fin de 2017 et de 2018. La Banque TD justifie sa décision notamment par la faiblesse des prix du pétrole.

 

 

 

 

 

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