Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change* et aux taux d’intérêt

Juin 2016

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*Richter tient à préciser que ce document a été rédigé avant le référendum sur le Brexit. Veuillez consulter le texte ci-dessous pour obtenir les dates de publication des prévisions des institutions financières sélectionnées.

L’envolée du huard en perte de vitesse, limitée en raison de divergences d’opinions sur les politiques monétaires

En date du 14 juin, le huard se négociait à 77,8 ¢ US/CAD, taux inchangé depuis le rapport du mois dernier, mais néanmoins en hausse de près de 15 % depuis janvier, alors que le taux était bas. Malgré quelques turbulences économiques, la hausse du dollar canadien s’appuie sur les prix du pétrole brut qui ont presque doublé cette année. La tendance pourrait être difficile à maintenir en raison de la divergence d’opinions prévue entre la Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada sur la politique monétaire. En effet, les prévisions des taux de financement à un jour des deux instances, publiées séparément dans le présent bulletin, reflètent cette divergence qui pourrait entraîner le plafonnement de la hausse du dollar canadien par rapport au dollar américain.

Selon la Banque TD, la divergence d’opinions sur les politiques monétaires aura à nouveau une incidence sur le huard et viendra probablement limiter tout avantage dont la devise aurait pu bénéficier, et ce, malgré la hausse graduelle des prix du pétrole. La Banque TD prévoit, entre les deux pays, un écart se situant entre 75 et 100 points de base pour les cibles visées par les politiques, ce qui viendra atténuer toute hausse future du dollar canadien par rapport au dollar américain. En général, les prévisions de taux des banques sondées pour la paire de devises s’établissent entre 75,0 et 81,0 ¢ US/CAD pour la fin de 2017, soit à un taux semblable à l’évaluation actuelle.



Les prévisions du taux de change CAD/EUR divergent en attente de la décision concernant le Brexit

Le 23 juin, le Royaume-Uni tiendra un référendum afin de décider si le pays se retire ou non de l’Union européenne, événement que l’on appelle communément « Brexit ». Les plus récents sondages d’opinion indiquent que le résultat sera difficile à prévoir, ce qui contribue probablement à l’incertitude observée dans les prévisions du taux de change CAD/EUR qui, au cours des derniers mois, sont loin d’avoir fait consensus. Même si le Royaume-Uni décide de demeurer dans l’Union européenne, plusieurs questions se posent malgré tout pour la zone euro, notamment l’étendue des mesures de stimulation monétaire entreprises par la Banque centrale européenne et la résurgence de la crise financière en Grèce.

Selon la Banque Nationale, la Banque centrale européenne adopte une approche attentiste relativement à ses mesures d’assouplissement monétaire, ce qui constitue un signe d’amélioration, mais elle ajoute que les problèmes de structure, comme des données démographiques peu encourageantes et l’entêtement de gouvernements de la zone euro en matière de fiscalité, devraient garder les taux de l’euro stables. La fourchette des prévisions des banques sondées pour le mois de juin est vaste. En effet, les taux pour la paire de devises s’établissent entre 76,9 et 62,5 ¢ EUR/CAD tout au long de 2017.

 


La Banque du Canada opte pour la constance alors que la Réserve fédérale américaine poursuit sur sa lancée

Le 15 juin, le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (« FOMC ») a annoncé le maintien d’une politique monétaire d’accommodation afin de continuer à soutenir l’amélioration des conditions du marché du travail et le retour au taux d’inflation ciblé. À partir de maintenant, le FOMC s’attend à ce que les conditions économiques évoluent de manière à justifier des hausses graduelles du taux des fonds fédéraux. En ce qui concerne le Canada, le 25 mai dernier, la Banque du Canada a été constante et a maintenu le taux du financement à un jour à 0,5 %, conformément aux prévisions du mois dernier fournies par les banques sondées. La BMO indique que la Banque du Canada restera sur la touche malgré un premier trimestre solide, alors que la Réserve fédérale américaine annoncera probablement des hausses en juillet et en décembre, et ce, après la publication de données économiques plus vigoureuses et un compte-rendu plus optimiste qui est ressorti de la réunion d’avril du FOMC. En général, les prévisions restent relativement les mêmes; le taux de financement à un jour de la Banque du Canada devrait demeurer stable au moins jusqu’au deuxième trimestre de 2017 et, pour la Réserve fédérale américaine, les prévisions indiquent une hausse des taux tout au long de 2017.



La fourchette des taux des obligations d’État de deux ans est maintenue, mais une hausse est prévue

Malgré les hausses de rendement des obligations d’État de deux ans prévues par les banques sondées pour le Canada et les États-Unis ayant été publiées dans les derniers bulletins, les rendements sont demeurés relativement les mêmes et dans la même fourchette pour la grande majorité de 2016. Pour la suite des choses, les banques sondées restent sur leurs positions et prévoient des hausses du rendement des obligations d’État de deux ans, même que certaines d’entre elles prévoient des hausses importantes, notamment la RBC et la Banque Scotia : selon elles, les taux de rendement des obligations du gouvernement de deux ans devraient grimper respectivement à 1,85 % et à 1,75 % d’ici la fin de 2017, ce qui est trois fois plus élevé que les rendements actuels. En ce qui a trait aux obligations d’État de deux ans aux États-Unis, la Banque Scotia prévoit un taux de rendement de 2,70 % pour la même période, soit presque une hausse de 2 % par rapport au taux actuel.

 

Les taux de rendement des obligations d’État de 10 ans subissent un revirement, mais les prévisions indiquent une hausse

Les taux de rendement des obligations d’État de 10 ans ont récemment chuté, tant au Canada qu’aux États-Unis, pour atteindre respectivement 1,12 % et 1,68 % depuis le rapport du mois dernier. Cette dégringolade des taux a incité plusieurs banques sondées à revoir leurs prévisions à la baisse. La Banque Nationale indique que selon son scénario de référence, les feux de forêt ayant fait rage en Alberta feront subir au produit intérieur brut de 2016 du Canada une légère perte d’environ un dixième de point de pourcentage. Même si cette donnée n’est pas assez significative pour entraîner des révisions importantes des prévisions des banques à l’égard des taux d’intérêt, elle a tout de même justifié une analyse différentielle du taux de rendement des obligations du gouvernement de 10 ans. Malgré la révision et les creux récents, les banques sondées s’entendent toutes pour dire que les taux de rendement pour les obligations d’État de 10 ans augmenteront tout au long de 2017, tant au Canada qu’aux États-Unis.


Le taux de rendement des obligations à très long terme poursuit sa chute alors que des hausses sont prévues

Le taux de rendement des obligations à très long terme du Canada et des États-Unis a continué à descendre pour récemment atteindre un creux s’établissant respectivement à 1,79 % et à 2,48 %. Par conséquent, plusieurs des banques sondées ont revu à la baisse leurs prévisions sur les taux de rendement des obligations à très long terme pour tenir compte de ces nouvelles conjonctures économiques. Toutefois, elles restent sur leurs positions en ce qui a trait à une hausse des taux prévue tout au long de 2016 et de 2017. La RBC fait partie des quelques banques à maintenir ses prévisions par rapport au mois précédent, en établissant les taux de rendement des obligations à très long terme au Canada et aux États-Unis respectivement à 3,20 % et à 3,75 % pour la fin de 2017, ce qui aujourd’hui semble encore plus optimiste par rapport à la courbe actuelle des taux.

En plus de publier sa compilation sur les prévisions des banques, Richter surveille également l’évolution des mesures prises à l’échelle internationale relativement à la transparence en matière de fiscalité. Pour obtenir un résumé des plus récentes mesures mises en oeuvre par certains pays en vue de contrer l’évasion fiscale, veuillez lire notre article qui a été publié récemment dans Bloomberg BNA : http://bit.ly/1PoAnWt

 

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