Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Juin 2017

Le huard résiste malgré la faible demande en matière de produits ainsi que les difficultés et les risques économiques

Au cours du dernier mois, le dollar canadien a repris de la vigueur par rapport au dollar américain et à la date de la présente publication, la paire de devises CAD/USD s’échangeait à près de 74,2 ¢ US/CAD.  Selon la Banque TD, l’appréciation du dollar canadien devrait se poursuivre progressivement. La banque fait valoir que la croissance de l’économie canadienne est nettement supérieure aux attentes et que la devise ne reflète pas encore ces améliorations économiques. Comme le souligne la Banque TD, la valeur du dollar canadien témoigne des risques entourant le marché du logement au pays et des incertitudes à l’égard des échanges commerciaux avec les États-Unis. En revanche, Desjardins est d’avis que le dollar canadien devrait demeurer stable, près des niveaux actuels, évoquant les grandes incertitudes causées par la montée du protectionnisme américain, les perturbations enregistrées sur le marché du logement canadien, la dette élevée des ménages et les doutes entourant l’avenir de l’ALENA. La Banque Nationale déclare que la hausse du huard est également attribuable au fait que la Banque du Canada durcit le ton (faisant référence à la surchauffe du marché du logement) et ajoute que les résultats enregistrés au mois de mai démontrent que le dollar canadien peut continuer d’augmenter même si c’est le calme plat du côté du pétrole. Par contre, les banques sont divisées concernant le parcours qu’empruntera la paire de devises CAD/USD pour le reste de l’année. Toutefois, elles s’entendent pour dire que le huard devrait progresser, quoique modestement, par rapport au dollar américain d’ici la fin de 2018. 


Le climat économique s’améliore, mais l’inquiétude demeure

Comme l’indique la Banque Nationale, la confiance des entreprises et des consommateurs renaît en Europe, alors que l’indicateur du climat économique de la Commission européenne est à son plus haut depuis dix ans. De plus, la Banque TD ajoute qu’un climat politique mieux défini, notamment par la victoire d’Emmanuel Macron en France, a entraîné un regain d’optimisme au sein des marchés financiers. Toutefois, la banque fait également remarquer que de nombreux risques planent toujours et que plusieurs facteurs pourraient encore perturber l’économie mondiale, notamment : un recul de l’économie européenne, le résultat des élections en Allemagne, la difficulté des négociations avec le Royaume-Uni concernant le Brexit et la persistance des risques géopolitiques. La Banque Nationale ajoute que malgré l’amélioration du climat, la BCE n’est pas encore prête à resserrer sa politique. Plus particulièrement, la Banque Nationale relate qu’il y a encore beaucoup de place à l’amélioration au sein des économies européennes les plus vulnérables où la croissance demeure faible, et où il existe un risque que les écarts de taux des obligations souveraines se creusent davantage, particulièrement sous l’influence des risques de sauvetage de la Grèce en juillet et des élections de 2018 en Italie, lesquelles comportent leurs propres risques d’opposition à l’Union européenne. Par conséquent, malgré un climat politique qui s’améliore, les banques sondées ne s’entendent pas sur la valeur future de la paire de devises CAD/EURO jusqu’à la fin 2018.



Une augmentation s’annonce : la croissance économique exerce des pressions sur la Banque du Canada

Si l’on compare les taux de financement à un jour de la Banque du Canada à ceux indiqués dans la publication du mois dernier, nous n’observons aucun changement dans les prévisions et très peu de changement par rapport à ceux de la Réserve fédérale américaine. La Banque Nationale prévoit toujours la première augmentation du taux de la Banque du Canada (dès le T1 de 2018), mais, à son avis, il y a plus de 40 % de chance que la Banque du Canada décide d’augmenter ses taux avant la fin de l’année. Selon Desjardins, la Réserve fédérale américaine devrait augmenter son taux à deux reprises d’ici la fin de l’année, plus rapidement que ce qu’y a été annoncé précédemment. Puisque la croissance de l’économie américaine se poursuit et la croissance annualisée du PIB réel devrait dépasser les 3,0 % au cours du deuxième trimestre comme le souligne la Banque TD, nous continuons de prévoir un contexte de rendement élevé pendant la période de prévision. Au Canada, même si les banques croient que la Banque du Canada restera en marge au cours de 2017, elles s’accordent pour dire qu’il y aura plusieurs augmentations de taux d’ici la fin de 2018, alors que l’économie canadienne devrait continuer de se renforcer.



Hausse du taux de rendement des obligations d’État de deux ans prévue au cours de 2017/2018

Les banques ont apporté des ajustements mineurs aux taux de rendement des obligations d’État de deux ans, tant au Canada qu’aux États-Unis. La BMO a notamment rajusté ses prévisions à la baisse à l’égard du taux de rendement des obligations du gouvernement du Canada pour les T3 et T4 de 2017 et pour le T1 de 2018, évoquant le mauvais rendement des exportations non énergétiques et les inquiétudes entourant le marché du logement comme des obstacles à la croissance économique.  Pour ce qui est du taux de rendement des obligations d’État des États-Unis, Desjardins a revu ses prévisions à la hausse pour les T3 et T4 de 2017 et le T1 de 2018, et ajoute qu’en dépit de la faible hausse de 0,7 % du PIB réel au cours du premier trimestre, celui-ci devrait rebondir au printemps. Dans l’ensemble, les taux devraient continuer d’augmenter tant au Canada qu’aux États-Unis pour le reste de l’année ainsi que la suivante.


Ajustements à la baisse, mais hausse de rendements à venir

Si l’on compare les taux de rendement des obligations d’État de dix ans au Canada et aux États-Unis à ceux indiqués dans la publication du mois dernier, nous observons des changements à la baisse dans les prévisions pour le reste de 2017 et 2018. La Banque TD mentionne les fluctuations auxquelles les marchés ont été exposés le mois dernier à la suite de l’enquête sur le président Trump et le FBI concernant la Russie comme une cause, soulignant les risques liés à la confiance à l’égard de la capacité du gouvernement américain de mettre en place sa stratégie de croissance. La BMO a quant à elle revu ses prévisions à la baisse concernant le taux de rendement des obligations d’État de dix ans de 10 Pb, citant la relance économique ténue dans le sillage d’événements tels le congédiement du directeur du FBI James Comey par Donald Trump et les tests de missiles nord-coréens, lesquels ont relancé la demande des obligations du Trésor comme valeur refuge. Dans l’ensemble, les taux de rendement des obligations d’État de dix ans devraient augmenter au cours de la période de prévision au Canada et aux États-Unis.



Croissance continue pour les taux de rendement des obligations à très long terme

La Banque TD et BMO ont revu à la baisse leurs prévisions à l’égard de taux de rendement des obligations à très long terme au Canada et aux États-Unis pour les T3 et T4 de 2017 et le T1 de 2018. Le climat protectionniste et l’incertitude entourant le marché du logement au Canada demeurent des facteurs importants dans la revue de leurs prévisions à la baisse. De son côté, la Banque Nationale semble être optimiste quant à la croissance économique au Canada et aux États-Unis, alors qu’elle a revu ses prévisions à la hausse pour le reste de l’année 2017 et pour 2018. Toutefois, la banque indique que ses révisions dépendent de l’évolution des conditions financières à l’échelle internationale et des indicateurs américains à venir. Dans l’ensemble, les banques sondées continuent de prévoir des hausses à l’égard des taux de rendement des obligations à très long terme au cours de la période de prévision.



* Les dates de publication (incluses dans la note de bas de page) sont les suivantes :






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