Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Mars 2017

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Le CAD perd du terrain par rapport au USD en raison de la chute des prix du pétrole brut et d’une hausse du taux de la Réserve fédérale américaine de plus en plus probable

Le 8 mars 2017, le taux de change CAD/USD à la clôture des marchés était de 74,2 ¢ US/CAD, soit le taux le plus faible depuis le début de 2017. Cette faiblesse du dollar canadien est principalement attribuable à l’effondrement des prix du pétrole et à la probabilité croissante d’une hausse du taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) en mars. Comme le rapporte la Banque Nationale, la tentative de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de réduire la production de pétrole a engendré un surplus de la ressource, étant donné que de nombreux producteurs de pétrole ont profité des coupes de l’OPEP pour augmenter leur propre production. En outre, des données économiques encourageantes et le discours de la présidente de la Fed, Mme Janet Yellen, le 3 mars dernier ont transmis un message convaincant comme quoi la Réserve fédérale américaine relèverait son taux au cours du mois.

La plupart des banques sondées ont apporté peu de changements à leurs prévisions. Selon la CIBC, la possibilité que des changements soient apportés aux politiques fiscales américaines génère de l’incertitude en ce qui a trait au taux de change. Desjardins adopte également une approche attentiste et justifie le statu quo quant à ses prévisions du taux de change en affirmant qu’elle attend de connaître les décisions prises par l’administration Trump. L’ensemble des banques sondées a tendance à pencher vers une dépréciation du huard par rapport au billet vert, et ce, pour le reste de 2017, et vers un rattrapage graduel du dollar canadien par la suite. 

L’élan économique demeure stable malgré le risque politique

À la date de publication de la présente compilation, la paire de devises CAD/EUR se négociait à 70,3 ¢ EUR/CAD, soit le taux le plus faible depuis février. Les banques sondées n’ont pas apporté de changements significatifs à leurs prévisions. Malgré l’incertitude générée par les élections qui ont eu lieu dernièrement aux Pays-Bas et celles qui auront lieu prochainement en France et en Allemagne, de nombreuses banques indiquent que les récentes données économiques expliquent leur optimisme. Selon la RBC, l’indice PMI composite pour la zone euro connaît à l’heure actuelle un sommet sans précédent depuis près de six ans. La Banque Scotia indique également qu’elle entrevoit les choses sous un œil optimiste à cause des activités commerciales plus vigoureuses et des attentes encourageantes en matière d’inflation. Cependant, la Banque Nationale demeure sur ses gardes, en raison des négociations relatives au Brexit et des problèmes d’endettement de l’État en Grèce. De manière générale, les prévisions quant au taux de change CAD/EUR continuent d’être aux antipodes.



La hausse du taux de la Réserve fédérale américaine en mars pave la voie tandis que le taux de la Banque du Canada demeure le même

La présidente de la Fed, Mme Janet Yellen, a donné des indices incontestables de hausses de taux, en affirmant que d’autres ajustements du taux des fonds fédéraux seraient probablement appropriés[1]. Les placeurs ont également spéculé à la hausse après avoir obtenu des données intéressantes sur l’emploi. Mis à part la CIBC et BMO, toutes les autres banques sondées ont ajusté à la hausse leurs prévisions du taux de la Fed. À l’opposé, la Banque du Canada est demeurée prudente, en maintenant son taux d’intérêt de référence pour le financement à un jour à 0,5 %, étant donné que le Canada fait toujours face à un ralentissement économique persistant. Cependant, la Banque Nationale remarque que le marché de l’emploi au Canada montre des signes de résilience grâce à une forte croissance des emplois. De manière générale, les banques sondées restent sur leurs positions en ce qui a trait aux prévisions de mars de la Banque du Canada.



Augmentation attendue du taux de rendement des obligations d’État de deux ans et ajustements à la hausse

Les banques ont fait plusieurs ajustements à la hausse à l’égard de leurs prévisions pour le taux de rendement des obligations d’État de deux ans des États-Unis et du Canada. La Banque TD a mentionné que l’inflation aux États-Unis atteindrait probablement la cible de 2 % d’ici la fin de l’année. Pour ce qui est des obligations du Canada, la Banque Nationale croit que le rendement des obligations d’État de deux ans sera plus élevé à la fin de l’année, soit au moment où la politique monétaire du pays se stabilisera. En général, les banques sondées s’attendent à ce que les frais de financement à court terme augmentent au cours des deux prochaines années.

Regain du taux de rendement des obligations d’État de 10 ans et attentes inchangées à l’égard de la hausse du rendement

Sur une base mensuelle, une légère hausse de taux a été constatée pour les obligations d’État de 10 ans du Canada et des États-Unis, qui affichaient des taux de respectivement 1,73 % et 2,49 % à la date de la publication de la présente compilation. Dans le même ordre d’idées, la Banque TD et Desjardins ont revu à la hausse leurs prévisions. Desjardins souligne que les États-Unis ont connu une période d’effervescence pour la création d’emplois en janvier, ce qui l’a incité à prévoir une hausse du PIB réel, lequel atteindrait 2,5 % en 2017. Toutefois, les prévisions de Desjardins dépendent en grande partie des politiques fiscales du président Trump. Les banques sondées s’entendent toutes pour dire que les rendements en Amérique du Nord seront à la hausse. 



Hausse graduelle du taux de rendement des obligations à très long terme, à un rythme plus soutenu

Les prévisions quant aux taux de rendement des obligations à très long terme n’ont pas subi beaucoup de changements depuis le mois dernier. Les banques ont cependant revu leurs prévisions à la hausse. La Banque Nationale a notamment indiqué que le rythme des ajustements économiques semblait encourageant par rapport à l’année dernière, qui a été le théâtre d’un choc pétrolier, en raison des gains importants réalisés récemment en matière d’emplois. La Banque TD craint que la renégociation de l’ALENA et les propositions quant à une taxe à l’importation aux États-Unis menacent sérieusement les investissements d’entreprises et les exportations. Les banques sondées maintiennent leurs prévisions de croissance du rendement des obligations à très long terme si aucun événement d’importance n’a lieu. 









 

[1] https://www.federalreserve.gov/newsevents/speech/yellen20170303a.htm

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