Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Novembre 2016

L’augmentation des prix du pétrole brut n’entraîne pas la hausse du CAD alors que le billet vert américain poursuit sa montée

La corrélation entre le CAD et les prix du pétrole brut est bien documentée, cependant, malgré une hausse de plus de 30 % des prix du baril à la mi-octobre, par rapport aux creux enregistrés au mois d’août, le huard a tout de même perdu du terrain alors que le billet vert a poursuivi sa montée. Parallèlement, les marchés accusaient le coup des résultats de l’élection américaine. La CIBC et la Banque Nationale ont toutes deux déclaré que la demande intérieure au Canada, moins élevée que l’avait prévue la Banque du Canada, a également contribué à l’affaiblissement du huard. Dans de récentes publications, la CIBC prévoyait que le dollar canadien plongerait sous la barre des 72 ¢ US par CAD d’ici le premier trimestre de 2017, alors que la BMO revoyait ses prévisions à la baisse pour 2017. Pour sa part, la Banque Scotia, la plus optimiste des banques sondées, prévoyait une hausse du CAD par rapport au USD dans la foulée de ses prévisions d’une augmentation du taux de financement à un jour de la Banque du Canada, laquelle, selon la Banque Scotia, devrait dynamiser le CAD d’ici la fin de 2017.



L’importance de la relation CAD-EUR s’intensifie avec l’entrée en vigueur de l’AECG

Selon l’analyse de la Banque Nationale, la croissance économique de la zone euro demeure faible, la politique monétaire ayant apparemment atteint ses limites, et les politiques souples mises de l’avant par la Banque centrale européenne (BCE) ne font pas le poids devant les données démographiques en déclin qui réduisent la demande et l’inflation. En outre, elle ajoute que les taux d’intérêt négatifs ne sont pas suffisants pour stimuler l’économie. La CIBC est d’avis que la prochaine rencontre de la BCE, qui doit se tenir en décembre, jouera un rôle important dans la détermination du cours futur de la devise. Toutefois, les prévisions ne font pas l’unanimité comme en témoigne le large éventail présenté par les banques sondées. Bien que les previsions concernant la paire de devises CAD/EUR divergent, un CAD concurrentiel pourrait favoriser l’accroissement du commerce avec la zone euro, en particulier depuis la signature par Justin Trudeau de l’Accord économique et commercial global (« AECG »), approuvé le 28 octobre dernier à Bruxelles.



La Réserve fédérale américaine maintient ses taux, mais réaffirme son intention de les augmenter et la Banque du Canada reste en marge

Le commentaire économique émis par l’autorité monétaire canadienne le 19 octobre dernier témoignait d’une volonté plus ferme d’accélérer l’activité économique au pays. La Banque du Canada a fait fi de l’amélioration des données et a même déclaré avoir sérieusement envisagé de réduire les taux d’intérêt en octobre. Malgré cela, les banques sondées ne prévoient pas de mesures d’assouplissement monétaire de la part de la Banque du Canada dans un avenir rapproché, la plupart de leurs previsions indiquant que la Banque du Canada restera en marge. Dans l’éventualité où le huard demeurerait sous pression, des occasions d’exportation de plus en plus intéressantes pourraient se présenter chez nos voisins du sud pour les entreprises canadiennes. Aux États-Unis, conformément aux attentes générales, la Réserve fédérale américaine a décidé de maintenir le taux des fonds fédéraux lors de sa réunion du 2 novembre. L’autorité monétaire a toutefois signalé que le scénario d’une augmentation des taux des fonds fédéraux continue de se concrétiser alors que l’économie prend de la vigueur, l’amélioration de l’emploi se poursuit et l’inflation reprend. Les prévisions des banques sondées reflètent les directives de la Réserve fédérale américaine, alors que l’ensemble des banques prévoient une remontée constante des fonds fédéraux au cours de 2017.



Les taux de rendement des obligations d’État de deux ans des États-Unis augmentent, alors que ceux du Canada chutent sous l’influence des perspectives économiques préélectorales

Les taux de rendement des obligations d’État de deux ans des États-Unis ont augmenté après la victoire de Donald Trump, reflétant le resserrement de la part de la Réserve fédérale américaine qui a été anticipé en décembre. La RBC a revu ses prévisions des taux de rendement à la hausse, prévisions qui passent de 10 à 15 points de base pour 2017. Du côté canadien, compte tenu des difficultés économiques dont fait état la Banque du Canada, la BMO, la Banque Nationale et Desjardins ont revu à la baisse leurs prévisions quant aux taux de rendement des obligations du gouvernement du Canada de deux ans. Comme l’a mentionné la BMO, la Banque du Canada attend de voir si on assistera à une amélioration de la situation économique à la suite des mesures de stimulation budgétaire et à une relance de l’économie américaine après les élections, lesquelles auraient toutes deux des retombées positives pour les exportations canadiennes.

 

Les taux de rendement des obligations à très long terme également stimulés par la victoire de Donald Trump

L’augmentation soudaine des taux de rendement ne s’est pas limitée aux obligations d’État de dix ans. Le taux de rendement des obligations d’État de 30 ans atteignait 2,94 % en date du 10 novembre. Tandis que les investisseurs attendent des précisions sur la manière dont Donald Trump s’y prendra pour « Make America Great Again », l’attention du marché des obligations s’est rapidement déplacée vers les promesses du nouveau président d’accroître les investissements et de réduire les impôts, des mesures susceptibles d’augmenter la pression à la hausse sur les taux de rendement des obligations. On constate une augmentation similaire dans les taux de rendement des obligations à très long terme du Canada. Étant donné que les prévisions publiées dans le présent bulletin ne tiennent pas compte du résultat de l’élection présidentielle américaine, les banques sondées s’entendent toujours pour dire que les taux de rendement des obligations à très long terme continueront d’augmenter au cours de 2017 au Canada et aux États-Unis.


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