Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Septembre 2017

Le huard augmente alors que l’économie canadienne se porte à merveille. 

Le 6 septembre dernier, la Banque du Canada a fait l’annonce des toutes dernières données économiques, lesquelles dépassent les attentes, et a souligné que les investissements des entreprises et les exportations ont affiché une vigueur plus généralisée. La Banque du Canada a ensuite ajouté que les incertitudes et les risques importants sur le plan géopolitique relativement aux politiques commerciales et fiscales internationales étaient toujours bien présents, ce qui a entraîné une baisse du dollar américain par rapport à un panier des principales devises. Compte tenu de ce qui précède et de la vitalité de l’économie canadienne, la Banque du Canada a relevé le taux de financement à un jour ce mois-ci et le huard s’est apprécié. En date de la présente publication, le huard se négociait à 82,1 ¢ US/CAD.

En étudiant les prévisions des banques commerciales sondées, nous constatons que la Banque Scotia est la plus optimiste : elle s’attend à ce que le cours du dollar canadien continue d’augmenter jusqu’à 83,0 ¢ US/CAD d’ici la fin de 2017, voire jusqu’à 87,0 ¢ US/CAD d’ici la fin de 2018. La Banque Scotia s’appuie sur sa vision sévère de la politique monétaire canadienne : elle affirme que les taux d’intérêt augmenteront plus rapidement que prévu, ce qui réduira l’écart entre les taux canadiens et américains, étant donné que les devises à l’échelle internationale continuent de s’éloigner du dollar américain. À l’autre bout du spectre, la CIBC se montre plus pessimiste quant à l’avenir du dollar canadien. La banque soutient que les beaux jours de la devise canadienne tirent à leur fin. En outre, la CIBC rappelle que le début des renégociations dans le cadre de l’ALENA pourrait favoriser la volatilité du huard, étant donné que les investisseurs ne savent pas trop sur quel pied danser. Ces renégociations inquiètent tout particulièrement le Québec et l’Ontario, compte tenu de l’importance que revêt le commerce avec les États-Unis pour ces deux provinces. De tels écarts dans les prévisions sont plutôt rares en ce qui concerne la paire de devises CAD/USD, ce qui vient accentuer le contexte d’incertitude.



La Banque centrale européenne adopte une attitude plus conciliante

Les membres du conseil de direction de la Banque centrale européenne (la « BCE ») ont tenu une rencontre sur la politique monétaire le 7 septembre dernier lors de laquelle ils ont choisi de n’apporter aucun changement aux taux d’intérêt et de maintenir la position adoptée au préalable par la BCE quant à l’accroissement du programme d’assouplissement quantitatif en cas de besoin. Le président de la BCE, M. Mario Draghi, a affirmé qu’une grande partie de la politique monétaire demeurerait la même jusqu’à la fin de décembre 2017 ou au-delà de cette période, le cas échéant. Il a également ajouté que « nous déciderons, à l’automne, de la calibration de nos instruments monétaires pour la période allant au-delà de la fin de l’année.[1] » Nous attendons donc avec impatience la rencontre d’octobre de la BCE sur les taux, puisque M. Draghi ouvre la voie à une annonce importante en octobre.

BMO soutient que la force brute de la croissance économique généralisée de l’Europe n’a pas encore eu pour effet de gonfler le taux d’inflation. BMO souligne que toute hausse de l’euro sera limitée par le resserrement attendu de la Réserve fédérale américaine et l’incertitude entourant les élections imminentes en Allemagne et en Italie. La Banque Nationale a haussé ses cibles pour l’euro afin de refléter l’amélioration des prévisions économiques. En plus de tenir compte des élections à venir, Desjardins fait référence aux négociations difficiles concernant le Brexit au Royaume-Uni et aux inquiétudes accrues sur la solidité de l’euro. L’examen des résultats du sondage de ce mois-ci indique que la Banque Nationale est d’avis que l’euro n’a pas su profiter du moment et justifie ses dires par l’économie au ralenti dans le sud de l’Europe, le Brexit et les élections imminentes. Dans l’ensemble, les banques sondées prévoient que la paire de devises s’échangera entre 63,1 et 72,5 EUR/CAD jusqu’à la fin de 2018.



Nouvelles hausses de taux de la Banque du Canada

Le 6 septembre dernier, la Banque du Canada a haussé le taux de financement à un jour de 0,25 %, en invoquant des données économiques supérieures aux attentes. Cette mesure lui a donc permis de compenser les deux réductions de taux ayant eu lieu en 2015. Cependant, la Banque du Canada a indiqué que « compte tenu de l’endettement élevé des ménages, elle suivra de près la sensibilité de l’économie aux taux d’intérêt plus élevés.[2] » La prochaine rencontre de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt aura lieu le 25 octobre. Toutefois, la BMO suspecte que la Banque prendra vraisemblablement le temps d’évaluer l’incidence des hausses de taux imposées récemment. Les banques sondées s’entendent toutes pour dire que la Banque du Canada n’augmentera pas de nouveau les taux avant le 6 décembre, soit la date de l’annonce concernant les taux d’intérêt. Au Sud de la frontière, tous les yeux demeurent rivés vers la Réserve fédérale américaine. En effet, les banques sondées croient toutes que la Fed annoncera le début du rééquilibrage de son bilan en octobre.



Le taux des obligations de deux ans du gouvernement du Canada a atteint son plus haut niveau depuis juin 2011

Après avoir connu deux hausses en trois mois, le taux de rendement des obligations de deux ans du gouvernement du Canada a atteint son plus haut niveau depuis juin 2011, soit 1,64 %, le 11 septembre dernier, avant de s’établir à 1,54 % à la clôture des marchés. Depuis le sondage du mois dernier, les banques sondées ont revu leurs prévisions à la hausse en ce qui concerne les taux de rendement des obligations de deux ans du gouvernement du Canada, et ce, jusqu’à la fin de 2018. En ce qui a trait aux taux de rendement des obligations de deux ans du gouvernement américain, la Banque TD, BMO et la Banque Nationale ont revu à la baisse leurs prévisions jusqu’à la fin de 2018. La Banque TD soutient que le taux d’inflation mettra du temps à atteindre la cible fixée par la Réserve fédérale américaine, ce qui obligera celle-ci à revoir son échéancier en ce qui concerne ses objectifs pour le taux directeur.



Hausse du taux des obligations de dix ans du gouvernement canadien 

Conformément aux prévisions du taux pour les obligations de deux ans, les banques sondées ont apporté des modifications afin de tenir compte de la hausse du taux de rendement des obligations de dix ans du gouvernement canadien et de la baisse de celui des obligations de dix ans du gouvernement américain. Dans l’ensemble, tant au Canada qu’aux États-Unis, il est prévu que les taux de rendement des obligations d’État de dix ans augmentent de façon constante jusqu’à la fin de 2018. La Banque TD souligne toutefois que l’écart entre les taux des deux pays finira par diminuer. Les prévisions quant au taux de rendement des obligations de dix ans du gouvernement du Canada s’établissent entre 2,45 % et 3,00 % jusqu’à la fin de 2018. Aux États-Unis, les prévisions quant au taux de rendement des obligations d’État de dix ans s’établissent entre 2,65 % et 3,40 % pour la même période.



Baisse des obligations à long terme du gouvernement américain et maintien des obligations à long terme du gouvernement canadien

Le mois dernier, les taux de rendement des obligations à long terme des gouvernements canadien et américain s’établissaient respectivement à 2,26 % et à 2,80 %. En date de la présente publication, nous constatons une hausse du taux des obligations d’État à long terme du Canada qui atteignent 2,43 % et une baisse de celui des obligations d’État à long terme des États-Unis qui s’établissent à 2,77 %. Toutes les banques sondées, à l’exception de RBC, ont revu à la baisse leurs prévisions quant au rendement des obligations à long terme du gouvernement américain. RBC conserve donc les prévisions les plus optimistes parmi toutes celles des banques sondées. Elle s’attend à ce que les taux de rendement des obligations à long terme des gouvernements canadien et américain augmentent pour s’établir respectivement à 3,25 % et à 3,75 % d’ici la fin de 2018.





 


 

[1] https://twitter.com/ecb/status/905771691019825152

[2] http://www.banqueducanada.ca/2017/09/fad-communique-2017-09-06/?_ga=2.171289248.1662402022.1506607639-1962037566.1506607639

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