Compilation de Richter sur les prévisions des banques relativement aux taux de change et aux taux d’intérêt

Mai 2017

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Rebond du dollar canadien malgré de nombreux obstacles

Le 8 mai 2017, le taux de change à la clôture des marchés pour la paire de devises CAD/USD était de 72,9 ¢ US/CAD, soit presque le taux le plus faible depuis les douze derniers mois. Fait intéressant : selon Desjardins, la croissance du PIB au cours du premier trimestre de 2017 a été plus soutenue que prévu, ce qui indique que l’économie canadienne fait preuve d’une certaine vigueur. Cependant, de nombreux facteurs ont contribué à la faiblesse du huard. La Banque Nationale en a repéré trois en particulier : la position modérée de la Banque du Canada, le fléchissement persistent des prix du pétrole depuis 2015 et, plus récemment, les droits de douane de 20 % imposés sur les exportations de bois d’œuvre canadien par l’administration Trump.

D’un mois à l’autre, les banques sondées ont revu à la hausse leurs prévisions sur le dollar canadien par rapport au dollar américain. Parmi elles, Desjardins est la plus optimiste. Elle s’attend à ce que la croissance accrue du PIB réel du Canada pour le premier trimestre mène à une hausse des prévisions de croissance pour l’année 2017 dans son ensemble. La Banque Nationale, quant à elle, prévoit que la Banque du Canada durcira le ton plus tard cette année et que des mesures devront être prises pour tempérer la surchauffe du marché du logement, ce qui pourrait se traduire par un rebond du dollar canadien plus tôt que prévu. Dans l’ensemble, selon nos observations, les banques sondées continuent de dire que la hausse graduelle du dollar canadien en 2018 se poursuivra.



Perspectives améliorées pour l’euro en raison du résultat décisif des élections en France

La paire de devises CAD/EUR se négociait à 66,8 ¢ EUR/CAD le 8 mai 2017, soit un taux relativement faible par rapport à ceux enregistrés au cours des douze derniers mois. On a poussé un soupir de soulagement le 7 mai en zone euro, après la victoire décisive de M. Emmanuel Macron, candidat pro-européen, sur sa rivale aux orientations séparatistes, Mme Marine Le Pen. Selon RBC, la diminution de l’incertitude politique pourrait contribuer au rehaussement soutenu de l’économie de la zone euro. C’est donc sans surprise que RBC a revu à la baisse ses prévisions, retranchant un montant considérable de 4,4 cents au taux pour la paire de devises, ce qui sous-entend un euro plus fort à l’avenir. Mis à part ces facteurs politiques, RBC cite également les données économiques solides provenant d’Europe, qui confirment un début de 2017 vigoureux. Même si nous reconnaissons que l’incertitude politique est en baisse en Europe depuis la victoire de M. Macron, nous continuons d’observer de l’incertitude quant aux prévisions sur les devises, que nous attribuons, en partie, à la date d’établissement des prévisions. En effet, à l’exception de RBC, les banques sondées ont toutes publié leurs prévisions avant l’élection en France. Nous effectuerons un suivi pour voir si les divergences d’opinions se maintiendront, ou si les banques sondées seront en mesure d’arriver à un consensus plus convaincant dans la prochaine publication, lorsqu’elles auront un portrait plus juste de la situation politique.




Banque du Canada : hausser ou ne pas hausser

Si l’on compare les taux de financement à un jour de la Banque du Canada et ceux de la Réserve fédérale américaine à ceux indiqués dans la publication du mois dernier, nous observons très peu de changement dans les prévisions. La Banque Nationale prévoit une hausse du taux de la Banque du Canada (dès le premier trimestre de 2018), soit la hausse la plus hâtive parmi toutes celles des banques sondées. Selon la Banque Nationale, une légère hausse du taux directeur pourrait contribuer à freiner la hausse du prix des propriétés. La banque indique également que le taux directeur nominal neutre au Canada est de 3 %, soit bien au-delà du taux actuel de 0,5 %. Toutefois, le point le plus chaud en matière d’incertitude émane des envolées protectionnistes de nos voisins du Sud. Le programme de M. Trump en matière de réforme fiscale et la renégociation de l’ALENA pourraient engendrer une hausse des taux au Canada. En ce qui concerne les taux de la Réserve fédérale américaine, BMO a maintenu sa position, en justifiant ses dires par une annonce du comité de politique monétaire de la Fed, qui considère que le ralentissement de la croissance au cours du premier trimestre est vraisemblablement transitoire. En outre, comme l’indique RBC, les signes de rebond de la croissance inciteront le comité à hausser à nouveau les taux.




Hausse prévue du taux de rendement des obligations d’État de 2 ans

Nous avons observé l’apport d’ajustements mineurs aux taux de rendement des obligations d’État de 2 ans, tant au Canada qu’aux États-Unis. Notamment, Desjardins a rajusté ses prévisions à la hausse pour les taux de rendement des obligations du gouvernement du Canada tout au long de 2018, en évoquant les prévisions de la Banque du Canada, qui affirme que l’économie canadienne fonctionnera à plein régime à compter du premier semestre de 2018. En ce qui concerne les taux de rendement des obligations d’État des États-Unis, nous constatons que certaines prévisions avaient été revues à la baisse pour le deuxième trimestre de 2017. Ces changements sont fort probablement attribuables à la récente remontée du marché des obligations, à laquelle ont contribué les données sur l’économie américaine inférieures aux prévisions, selon la Banque Nationale. Dans l’ensemble, les banques sondées prévoient une hausse des taux de rendement des obligations d’État de 2 ans, tant au Canada qu’aux États-Unis, pour la période de prévision.




Ajustements à la baisse pour les taux de rendement des obligations d’État de 10 ans, aussi bien au Canada qu’aux États-Unis

Au cours du mois d’avril, le taux de rendement des obligations du Trésor américain de 10 ans a fléchi pour atteindre 2,23 % (20 avril). À ce sujet, la Banque TD a mentionné que la réduction a commencé avec les objections auxquelles a dû faire face le président Trump quant à l’approbation de sa réforme des soins de santé. Desjardins a aussi retranché au moins 10 points de base à ses prévisions des taux de rendement des obligations du gouvernement américain pour le reste de l’année. Les taux de rendement des obligations du gouvernement canadien ont suivi la tendance américaine. Ainsi, les prévisions des taux de rendement des obligations du gouvernement canadien pour le reste de 2017 ont connu des baisses semblables, mais à un degré moindre. Malgré ces révisions, toutes les banques sondées prévoient toujours une hausse des taux de rendement des obligations d’État de 10 ans, tant au Canada qu’aux États-Unis, pendant la période de prévision.



Révision à la baisse des taux de rendement des obligations à long terme

Ce mois-ci, nous avons observé que plusieurs banques sondées avaient apporté de légers ajustements à la baisse à leurs prévisions des taux de rendement des obligations à long terme du Canada et des États-Unis. Les obligations à long terme du Canada ont subi davantage d’ajustements de la part des banques sondées, ce qui incite à la prudence et indique que des incertitudes planent sur l’économie canadienne. Le protectionnisme est l’un des principaux facteurs ayant entraîné cette baisse. Même si la majorité des banques sondées ont adopté une approche attentiste, la Banque TD croit fermement que l’économie américaine est prête à reprendre de la vitesse et que les taux de rendement des obligations du Trésor américain renoueront éventuellement avec la croissance. 







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