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Martin Gilbert, Vice-président

Festival TransAmériques

Martin, membre du comité organisateur de la soirée bénéfice du FTA.

Quelle est la mission du Festival TransAmériques?

Le Festival TransAmériques (FTA), présenté annuellement depuis 1985, est dédié à la création en théâtre et en danse. En encourageant la diffusion et la coproduction d’œuvres contemporaines, le FTA est un véritable tremplin pour nos créateurs puisqu’il leur offre un espace où ils ont carte blanche pour expérimenter. Par exemple, il y a quelques années, le FTA a présenté la pièce documentaire J’aime Hydro de Christine Beaulieu qui a connu par la suite (et qui connaît toujours) un grand succès.

Le festival attire des créateurs qui viennent y chercher de l’inspiration de même que de grandes pointures du milieu artistique. L’an dernier, la danseuse et chorégraphe Louise Lecavalier a agi à titre de porte-parole de la soirée bénéfice. Lors d’une précédente édition du festival, le metteur en scène Robert Lepage a aussi présenté une de ses œuvres plus expérimentales.

Le FTA est également une passerelle entre le Québec et la scène internationale. Il accueille des artistes de l’étranger en plus de contribuer au rayonnement de nos œuvres hors de nos frontières. Par exemple, les festivaliers ont pu assister à la pièce Tous des oiseaux de Wajdi Mouawad en 2019. Comme l’histoire se déroule dans le contexte du conflit israélo-palestinien, les dialogues se déroulaient en plusieurs langues, dont l’arabe et l’hébreu. Il n’y a pas beaucoup de limites à ce à quoi on peut assister pendant cet événement!

« Quand on a la chance d’être « privilégié », je crois qu’il est de notre devoir de redonner à la communauté. »

Comment avez-vous commencé à vous investir dans le FTA?

En 2017, j’ai accompagné une amie à la soirée bénéfice du festival. Elle avait été invitée par un avocat de son réseau professionnel qui siégeait au conseil d’administration du FTA en plus d’être responsable du comité de la soirée bénéfice. Le soir de l’événement, nous avons vite constaté que nous nous étions déjà croisés à quelques reprises, et particulièrement lors d’événements culturels. Voyant mon intérêt pour ce domaine, il m’a demandé si je souhaitais m’impliquer au sein du festival. Quelques mois plus tard, j’ai été invité à joindre le comité de la soirée bénéfice. J’en ai alors discuté avec ma collègue Sophie Caudiu, qui s’implique depuis quelques années auprès du Théâtre de la Manufacture / La Licorne qui m’a fortement encouragé à aller de l’avant. Le comité est formé de gens de tous les horizons : du milieu artistique, bien sûr, mais aussi du monde des affaires. Cette expérience est particulièrement enrichissante, car j’ai l’occasion de contribuer à ma façon à la vitalité de la création culturelle d’ici, en plus de rencontrer des gens que je n’aurais probablement jamais pu connaître autrement tout en mettant de l’avant notre cabinet.

Pourquoi l’engagement envers la collectivité vous tient-il à cœur?

J’ai un bon emploi, je côtoie quotidiennement des gens intéressants et j’évolue dans un milieu professionnel stimulant. Quand on a la chance d’être « privilégié », je crois qu’il est de notre devoir de redonner à la communauté. Il existe une multitude de façons de le faire et il n’y a pas de « hiérarchie » entre les causes : chaque personne devrait trouver celle qui la fait vibrer. Personnellement, je souhaitais faire ma part dans le secteur culturel, car son impact dans nos communautés est considérable. Toutefois son dynamisme dépend en grande partie de l’appui financier qu’il reçoit. Comme j’évolue dans le milieu des affaires, je sentais que je pouvais être utile à ce niveau. Quand on choisit une cause, c’est important de le faire en toute sincérité.

Est-ce que cet engagement vous a amené à relever des défis?

Assurer le succès de la soirée bénéfice est un défi en soi! L’un des rôles des membres du comité est de participer à la vente de billets pour la soirée bénéfice. Comme il s’agit d’un événement de financement, le coût des billets est assez élevé. Lorsque je communique avec des gens pour les inviter à la soirée, je prends le temps de bien présenter l’événement. En effet, les gens doivent s’attendre à sortir de leur zone de confort et à être ébranlés, car c’est une proposition culturelle très différente de ce à quoi nous sommes habitués. J’explique également aux gens les raisons qui motivent mon engagement, car il y a plus de chance que les gens acceptent d’appuyer la cause s’ils voient à quel point elle te tient à cœur. Je suis d’ailleurs très reconnaissant envers tous ceux qui ont répondu à mon appel. Le financement est un enjeu pour tout organisme des secteurs communautaire et culturel, et la participation du milieu des affaires est bien souvent indispensable.

Qu’avez-vous appris de cet engagement?

Cette expérience me permet d’apprendre à connaître et de côtoyer un milieu avec lequel je n’étais pas vraiment familier. Comme les autres organismes, le succès du FTA dépend de nombreuses personnes qui travaillent d’arrache-pied pendant près d’un an, et principalement dans l’ombre, pour arriver à présenter un festival de renommée internationale. En tant que bénévole, on sent que notre participation est appréciée et qu’elle fait toute la différence pour les organisateurs du festival. Ce sont des gens qui croient profondément en leur projet, qui font preuve d’une énergie débordante et qui ne comptent pas les heures qu’ils y consacrent. Je reconnais d’ailleurs en eux une passion très similaire à celle qui anime les entrepreneurs que je côtoie dans mon travail quotidien.