Lettre trimestrielle de la cheffe des placements de RFO Capital – T3 2026

Publié le 22/10/2026

Troisième trimestre de 2026 | Revue des marchés mondiaux et de la conjoncture économique 

Le troisième trimestre de 2026 a mis à l’épreuve la solidité de la reprise des marchés amorcée au printemps. Les indices boursiers ont fait preuve de résilience, mais la nature de leur progression a considérablement changé. Le S&P 500 a gagné environ 2 %, soutenu par les solides bénéfices des entreprises et l’enthousiasme persistant pour l’intelligence artificielle, tandis que le Russell 2000 a reculé de plus de 7 % et que le S&P 500 à pondération égale a perdu 2,2 %. 

Parallèlement, le contexte macroéconomique est devenu plus exigeant. Le prix du pétrole a fortement augmenté alors que les négociations de cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis s’essoufflaient et que les risques de perturbation dans le détroit d’Ormuz refaisaient surface. L’inflation est restée au-dessus de la cible, la Réserve fédérale américaine a augmenté son taux directeur en septembre et le rendement des obligations du Trésor à 10 ans a terminé le trimestre près de 5,3 %, un niveau qu’on n’avait pas vu depuis très longtemps. Le troisième trimestre n’a pas été marqué par une aversion généralisée pour le risque au sens traditionnel. Les investisseurs ont continué de récompenser les entreprises qui affichaient de bons résultats, tout en exigeant une rémunération plus élevée pour le risque lié à la durée, les bilans plus fragiles et les perspectives de croissance qui restent à démontrer. 

APERÇU DES PERFORMANCES DES MARCHÉS AU TROISIÈME TRIMESTRE DE 2026 

Le troisième trimestre a mis en lumière des écarts croissants entre les catégories d’actifs et les segments de marché. Les bénéfices des grandes entreprises ont soutenu les principaux indices boursiers, tandis que la hausse des taux d’intérêt, l’augmentation des prix de l’énergie et la participation plus limitée des titres à la hausse ont rendu le contexte de marché plus exigeant, malgré la bonne tenue des principaux indices. 

 

Marché/Indicateur Rendement/Niveau Contexte
S&P 500 +2% La solidité des bénéfices des grandes entreprises a compensé la hausse des taux 
Nasdaq Composite +2.5% Un trimestre positif, mais une progression plus sélective des titres liés à l’IA 
Russell 2000 -7.5% Les petites capitalisations ont subi les effets de la hausse des coûts de financement 
S&P 500 à pondération égale -2.3% Les gains de l’indice principal ont masqué une baisse du nombre de titres participant à la hausse 
Rendement des obligations du Trésor à 10 ans 5.29% Une hausse d’environ 88 points de base durant le trimestre 
Bloomberg US Aggregate -3.5% La hausse des rendements obligataires a entraîné des pertes généralisées sur le marché des titres à revenu fixe 
Pétrole brut +29% La prime de risque liée à l’énergie s’est reconstituée durant le trimestre 
L’or +4.0% Soutenu par les incertitudes géopolitiques et budgétaires 
Inflation PCE de base, août 3.4% sur un an Inférieure aux attentes, mais toujours nettement au-dessus de la cible 
Ratio cours/bénéfice prévisionnel du S&P 500 environ 19x La croissance des bénéfices a permis une contraction du multiple de valorisation 

 

TROIS GRANDES TENDANCES QUI ONT MARQUÉ LE TRIMESTRE

1) Des indices résilients, mais une progression de plus en plus concentrée

Le fait le plus marquant sur les marchés boursiers n’a pas été la hausse modeste du S&P 500 durant le trimestre, mais plutôt les écarts de rendement qui se cachent derrière cette progression. Le Nasdaq Composite a gagné environ 2,5 % et les très grandes entreprises technologiques ont continué de bénéficier d’un solide soutien, tandis que le Russell 2000 a reculé d’environ 7,5 % et le S&P 500 à pondération égale, de près de 2,3 %. L’énergie a été le secteur le plus performant aux États-Unis, l’un des rares secteurs à avoir terminé le trimestre en territoire positif. Après une nette amélioration au deuxième trimestre, la participation des titres à la hausse s’est de nouveau affaiblie. 

Cette concentration ne remet pas en cause la hausse des marchés boursiers, mais elle en modifie le profil de risque. Grâce à la vigueur des bénéfices des entreprises, le ratio cours/bénéfice prévisionnel du S&P 500 s’est rapproché de 19 fois, malgré la hausse des cours. Toutefois, l’écart grandissant entre l’indice pondéré selon la capitalisation boursière et la performance moyenne des entreprises suggère que les investisseurs accordent une prime de plus en plus élevée à la taille, aux flux de trésorerie disponibles, à la capacité de fixer les prix et à l’accès au capital. Dans un contexte où les rendements obligataires atteignent 5 %, les exigences sont beaucoup plus élevées pour les entreprises dont les flux de trésorerie sont attendus à plus long terme ou qui ont des besoins de refinancement. 

Le trimestre a également confirmé que les titres liés à l’IA n’évoluent plus tous de la même façon. Les résultats et les rendements boursiers ont divergé entre les fabricants de semi-conducteurs, les plateformes infonuagiques, les fournisseurs de logiciels et les entreprises qui bénéficient du développement des centres de données. L’attention des investisseurs se déplace de l’expansion des capacités en IA vers leur rentabilisation, le rendement du capital investi, la disponibilité de l’électricité et les structures de financement. Cette évolution est saine, même si elle s’accompagne d’une plus grande volatilité. 

 

2) Le pétrole fait remonter la prime de risque liée à l’inflation

Les marchés de l’énergie ont effacé une bonne partie de leurs pertes du deuxième trimestre. Le pétrole brut a augmenté d’environ 29 % au troisième trimestre, tandis que le Brent a de nouveau dépassé les 100 $ US le baril, alors que les négociations entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient et que les inquiétudes concernant les voies d’approvisionnement au Moyen-Orient refaisaient surface. Le secteur de l’énergie a gagné environ 16,5 %, contribuant de façon importante à maintenir le S&P 500 en territoire positif. 

Les répercussions vont bien au-delà du secteur de l’énergie. La hausse des prix du pétrole et des coûts de transport peut se répercuter sur les prix des biens, les frais de transport, les billets d’avion et les marges bénéficiaires des entreprises. Elle complique aussi les décisions des banques centrales en maintenant l’inflation globale à un niveau élevé, même lorsque certaines composantes de l’inflation de base ralentissent. Le troisième trimestre a donc montré que la sécurité énergétique demeure un enjeu de gestion de portefeuille, et pas seulement une question géopolitique. 

Pour les investisseurs, il ne s’agit pas de chercher à prévoir avec une précision illusoire les prochains mouvements du prix du pétrole. Il faut plutôt reconnaître que les portefeuilles construits sur l’hypothèse d’un retour progressif de l’inflation à 2 %, sans perturbations, restent vulnérables à de nouveaux chocs d’offre. Dans ce contexte, les actifs réels, les infrastructures, les placements dans le secteur de l’énergie et les entreprises dont les contrats permettent de répercuter les hausses de coûts peuvent contribuer à diversifier les portefeuilles. 

3) Le marché obligataire réévalue le coût du capital

Le marché obligataire a été la principale source de tensions durant le trimestre. Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a augmenté d’environ 88 points de base pour atteindre 5,29 %, tandis que l’indice Bloomberg US Aggregate Bond a reculé d’environ 3,5 %. Les obligations de sociétés de catégorie investissement ont perdu près de 3,9 %, les obligations du Trésor environ 3,0 % et les obligations à rendement élevé quelque 1,8 %. Cette baisse s’explique par la persistance de l’inflation, la résilience de la croissance économique, les importantes émissions de dette souveraine et les besoins de financement liés aux dépenses en immobilisations dans l’IA. 

En septembre, la Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur de 25 points de base. Selon ses nouvelles projections, les prévisions médianes pour 2026 s’établissaient à 2,3 % pour la croissance du PIB réel, à 4,1 % pour le chômage, à 3,7 % pour l’inflation PCE globale, à 3,4 % pour l’inflation PCE de base et à 4,1 % pour le taux des fonds fédéraux en fin d’année. Le message était clair. L’économie se porte mieux que prévu, mais les progrès dans la lutte contre l’inflation ne suffisent pas à justifier une baisse des taux à court terme. 

La hausse des rendements obligataires améliore les perspectives de rendement des nouveaux placements à revenu fixe, mais elle accentue aussi les pressions liées au refinancement dans l’ensemble de l’économie. La distinction entre la recherche de rendement et l’exposition au risque de taux d’intérêt est plus importante qu’elle ne l’a été depuis longtemps. Nous estimons que les investisseurs devraient faire preuve de sélectivité, échelonner les échéances et éviter de considérer les obligations à longue échéance comme une simple protection contre le risque boursier. 

 

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LE CONTEXTE MACROÉCONOMIQUE 

1) Croissance

L’économie américaine est restée le principal moteur de croissance des marchés développés. Les investissements des entreprises, les dépenses en immobilisations liées à l’IA et la solidité du marché du travail ont soutenu l’activité économique, tandis que les enquêtes menées en septembre auprès des directeurs des achats indiquaient que l’expansion se poursuivait. La Réserve fédérale américaine a révisé sa prévision de croissance du PIB réel pour 2026 à 2,3 %. De son côté, l’enquête menée par la Réserve fédérale de Philadelphie auprès des prévisionnistes professionnels prévoyait une croissance annualisée de 2,5 % au troisième trimestre et de 2,3 % au quatrième.  

Cette résilience soutient les revenus des entreprises et la qualité du crédit, mais elle a aussi un coût. La vigueur de la demande ralentit le retour de l’inflation à la normale et maintient les taux d’intérêt réels à des niveaux restrictifs. À l’extérieur des États-Unis, la croissance est restée plus inégale. L’Europe et plusieurs économies asiatiques ont dû composer avec une plus grande sensibilité aux prix de l’énergie, des taux d’intérêt plus élevés et une demande internationale plus faible. L’économie mondiale poursuit donc son expansion, mais les écarts se creusent selon l’exposition des pays à l’énergie et l’intensité de leurs besoins en capital. 

2) Inflation et politique monétaire

L’inflation a évolué dans la mauvaise direction pendant une bonne partie du trimestre. Plus de la moitié des composantes du panier de consommation américain affichaient une hausse supérieure à 3 %, tandis que l’augmentation des coûts de l’énergie et du transport accentuait les pressions sur les prix. En août, l’inflation mesurée par l’indice PCE a augmenté de 0,3 % sur un mois et de 3,4 % sur un an, des résultats inférieurs aux attentes du marché, mais encore loin de la cible de 2 % de la Réserve fédérale américaine. 

Les projections économiques de septembre ont porté la prévision médiane d’inflation PCE globale pour 2026 à 3,7 % et celle de l’inflation PCE de base à 3,4 %. La prévision du taux directeur en fin d’année a également été relevée à 4,1 %. La suite ne sera probablement pas linéaire. Une baisse des prix de l’énergie pourrait rapidement améliorer les chiffres de l’inflation globale, mais l’inflation dans les services, les droits de douane, les pénuries de main-d’œuvre et l’ampleur des investissements liés à l’IA ne permettent pas de présumer un retour rapide au niveau d’inflation d’avant la pandémie. 

 

3) Marchés des changes et yen japonais

Les marchés des changes ont également joué un rôle important durant le trimestre. Le dollar américain a continué de bénéficier des rendements relativement élevés aux États-Unis et du retour des attentes de resserrement monétaire de la Réserve fédérale. Le yen japonais est resté volatil, les investisseurs devant tenir compte à la fois d’un écart de taux d’intérêt toujours important et d’une intervention plus active des autorités japonaises. Les interventions coordonnées menées depuis la fin juillet ont contribué à limiter la dépréciation du yen, mais les préoccupations budgétaires, le déficit commercial du Japon et l’attrait persistant des opérations de portage financées en yens ont freiné sa remontée. 

Le yen mérite une attention particulière, car son importance dépasse les seuls actifs japonais. Les emprunts transfrontaliers libellés en yens restent élevés, ce qui fait de cette monnaie une source de financement importante pour les opérations de portage à l’échelle mondiale. Une hausse des rendements des obligations d’État japonaises, un nouveau resserrement monétaire de la Banque du Japon ou d’autres interventions pourraient encourager le rapatriement de capitaux et la réduction des positions à effet de levier à l’étranger. 

Un tel ajustement ne provoquerait pas nécessairement des perturbations aussi marquées qu’en août 2024, mais il pourrait accentuer la volatilité des actions mondiales, du crédit et d’autres actifs à rendement élevé. Pour les investisseurs internationaux, cet épisode rappelle l’importance d’évaluer séparément le rendement des actions japonaises et l’exposition au yen, puisque les décisions de couverture du risque de change peuvent avoir une incidence importante sur les rendements réellement obtenus par les portefeuilles. 

 

4) Marché du travail et consommation

Le marché du travail s’est amélioré durant l’été. Le taux de chômage est passé de 4,3 % à 4,1 % aux Etats-Unis, les mises à pied sont restées peu nombreuses et l’emploi dans le secteur privé a augmenté de 90 000 postes en septembre, après un mois d’août plus faible. La croissance de l’emploi n’est pas particulièrement rapide par rapport aux normes historiques, mais elle reste significative compte tenu du ralentissement de la croissance de la population active, qui réduit le nombre d’emplois à créer pour maintenir le taux de chômage stable. 

La situation des consommateurs reste contrastée. Les ménages à revenu élevé continuent de profiter de la valeur de leurs actifs et de leurs revenus salariaux, tandis que les ménages à plus faible revenu font face à des coûts d’emprunt élevés, à des factures d’énergie plus importantes et à une épargne limitée. La résilience de la consommation dépend donc de plus en plus du maintien de l’emploi et de l’accès au crédit. Parmi les indicateurs à surveiller figurent l’évolution des retards de paiement, les soldes de crédit renouvelable et les effets de la hausse des rendements obligataires sur le marché immobilier et le secteur automobile. 

L’accès à la propriété est devenu encore plus difficile au cours du trimestre, illustrant de façon plus marquée les effets restrictifs de la politique monétaire. Aux États-Unis, le taux hypothécaire fixe moyen sur 30 ans a atteint 7,03 % durant la semaine du 24 septembre, puis s’établissait autour de 7,34 % à la fin du trimestre, un sommet en plus d’un an. Bien qu’il reste nettement inférieur au record historique de plus de 18 % enregistré en 1981, le poids des emprunts est aujourd’hui particulièrement lourd, puisque les taux élevés s’ajoutent à des prix immobiliers toujours élevés. Cette combinaison rend l’achat d’une propriété et le refinancement plus difficiles, freine la mobilité résidentielle et creuse l’écart entre les propriétaires qui profitent déjà de faibles taux hypothécaires et les ménages qui cherchent à entrer sur le marché. Les effets des taux élevés maintenus plus longtemps pourraient ainsi se faire sentir avec un certain retard dans l’économie réelle, notamment par une baisse du nombre de transactions, un ralentissement des dépenses liées au logement et des pressions continues sur les ménages à revenu faible ou moyen. 

 

5) Titres à revenu fixe, crédit et marchés privés

Les écarts de crédit des entreprises sont restés relativement stables malgré la hausse des rendements des obligations gouvernementales. Cette stabilité reflète la solidité des bénéfices et la poursuite de la croissance économique, mais elle signifie aussi que les valorisations offrent peu de protection si la croissance ralentit. Le rendement des obligations à rendement élevé a atteint environ 8,4 % à la fin du trimestre, offrant un potentiel de revenu intéressant. Toutefois, cette hausse s’explique en grande partie par l’augmentation des taux sans risque. 

Le crédit privé entre dans une phase qui exige davantage de sélectivité de la part des investisseurs. Les données récentes montrent une hausse des prêts dont les intérêts ne sont plus comptabilisés, un recours accru au paiement des intérêts en nature et des écarts grandissants entre les grands emprunteurs bénéficiant de prêts garantis de premier rang et les entreprises plus fragiles du segment inférieur du marché intermédiaire. Les prêts aux entreprises de logiciels font l’objet d’une attention particulière, car l’IA pourrait modifier leur position concurrentielle avant même l’échéance de leurs dettes. 

 

6) Répartition du capital et infrastructures d’IA

Les besoins de financement liés à l’IA deviennent un facteur macroéconomique important à part entière. Les estimations des dépenses en immobilisations consacrées à l’IA en 2026 continuent d’augmenter, et les capitaux externes jouent un rôle croissant dans le financement des centres de données, des infrastructures électriques et des équipements informatiques. Cette évolution crée des occasions dans les infrastructures, le crédit privé, l’immobilier et les chaînes d’approvisionnement industrielles, mais entraîne aussi de nouveaux risques liés à l’obsolescence technologique, à la valeur résiduelle des actifs, aux contraintes d’approvisionnement en électricité et aux écarts de durée entre les actifs et les passifs. 

La prochaine phase du développement de l’IA dépendra moins des dépenses annoncées que de la qualité de leur financement et du rendement économique qu’elles génèrent. Nous restons optimistes à l’égard de cette tendance, tout en faisant une distinction claire entre les infrastructures durables soutenues par des locataires de grande qualité et les équipements informatiques à durée de vie plus courte, dont la valeur en garantie peut rapidement diminuer à mesure que la technologie évolue. 

POSITIONNEMENT DES PORTEFEUILLES ET PERSPECTIVES ACTUELLES

Le troisième trimestre a renforcé plusieurs des convictions de BFR Inc. en matière de placement à l’approche du dernier trimestre de l’année : 

  • L’exposition aux actions doit rester diversifiée, mais la qualité compte davantage. Le contexte économique et les perspectives de bénéfices restent favorables, mais la concentration des gains dans un nombre limité de titres et la faible performance des petites capitalisations incitent à ne pas relâcher la vigilance. 
  • L’IA reste une occasion d’investissement structurelle, mais tous les placements ne se valent pas. Le développement de l’IA s’étend désormais à l’approvisionnement en électricité, aux équipements de réseau électrique, aux systèmes de refroidissement, aux réseaux de communication, aux centres de données et au financement. Les occasions sont réelles, mais la rigueur dans l’évaluation des titres et des risques devient de plus en plus importante à mesure que le marché passe de l’expansion des capacités à la démonstration de leur rentabilité.  
  • La hausse des rendements améliore les perspectives, mais l’exposition au risque de taux doit être justifiée. Les rendements actuels des titres à revenu fixe deviennent de plus en plus intéressants pour les portefeuilles à long terme. Nous privilégions un allongement progressif et mesuré de la durée, en misant sur la qualité et l’échelonnement des échéances plutôt que sur un pari important reposant uniquement sur une baisse des taux. 
  • La sélection des titres de crédit sera déterminante. Les écarts de crédit serrés et les taux de référence plus élevés offrent des rendements intéressants à première vue, mais laissent peu de marge de manœuvre aux emprunteurs plus fragiles. Sur les marchés du crédit public et privé, la qualité des clauses contractuelles, le rang de priorité des créances, la capacité de couvrir les intérêts par les flux de trésorerie et le risque de refinancement méritent davantage d’attention que les écarts de crédit mesurés à l’échelle des indices. 
  • La liquidité est un atout dans un marché marqué par de grands écarts de rendement. La volatilité des taux d’intérêt, des petites capitalisations, du secteur des logiciels et du crédit privé devrait créer des occasions d’investissement ciblées. Le maintien de liquidités permet aux portefeuilles de saisir ces occasions lorsque la rémunération du risque devient plus intéressante, plutôt que de devoir prendre des décisions lorsque les marchés sont calmes et que les valorisations sont élevées. 
  • La diversification internationale reste intéressante, mais la sensibilité aux prix de l’énergie compte. Certains marchés à l’extérieur des États-Unis offrent des valorisations intéressantes. Toutefois, le trimestre a montré que les régions importatrices d’énergie peuvent connaître une évolution macroéconomique très différente lorsque les prix du pétrole et du gaz augmentent. La diversification géographique doit donc s’accompagner d’une bonne compréhension de l’exposition de chaque marché aux différents secteurs et aux matières premières. 

MOT DE LA FIN

Le troisième trimestre n’a pas été marqué par un renversement majeur par rapport au deuxième. Il a plutôt permis de mettre la résilience des marchés à l’épreuve. Les actifs risqués ont bien résisté malgré la hausse du coût du capital, la forte montée des prix du pétrole et le resserrement de la politique monétaire. La solidité des bénéfices et la résilience de l’économie ont suffi à soutenir les actions des grandes entreprises, mais pas à faire progresser l’ensemble des actifs. 

Dans ce contexte, la sélectivité est essentielle. Les écarts de rendement entre grandes et petites entreprises, entre emprunteurs des marchés publics et privés, ainsi qu’entre infrastructures d’IA durables et placements plus spéculatifs liés à l’IA devraient rester prononcés. L’idée qu’une baisse de l’inflation entraînerait rapidement une baisse des taux et une hausse généralisée des prix des actifs a cédé la place à une réalité plus complexe. Une croissance solide peut coexister avec une inflation persistante et un coût du capital élevé. 

Comme toujours, nous restons à votre disposition pour discuter en détail du positionnement de votre portefeuille et de vos perspectives de placement. 

 

Cordialement,

Anik Lanthier
Cheffe des placements, RFO Capital
Juillet 2026 

 

 

Sources des données : Réserve fédérale américaine, Freddie Mac, Bankrate, Réserve fédérale de Philadelphie, J.P. Morgan Asset Management, données de Bloomberg rapportées par First Citizens Wealth, Reuters, MUFG Research, Jefferies, données de FactSet rapportées par Axios et données de marché accessibles au public jusqu’au 30 septembre 2026. 

 

Cette lettre est fournie à titre informatif seulement et ne constitue pas un conseil en placement. Les rendements passés ne sont pas garants des résultats futurs. Toutes les données de marché citées reposent sur des informations accessibles au public jusqu’au 30 septembre 2026. Ce document s’adresse uniquement aux investisseurs institutionnels et professionnels.